Burkina Faso
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CEREMONIE OFFICIELLE D’OUVERTURE DISCOURS D’OUVERTURE DU PATRON Ouagadougou, 16 août 2016 – Salle de conférence Prononcé par Dr Salifou DIALLO,Président de l’Assemblée Nationale du Burkina Faso,

Monsieur le Ministre d’Etat en charge de la Sécurité Intérieure,
Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement,
Honorables Députés à l’Assemblée Nationale,
Monsieur le Président du Présidium de la Fédération des Associations Islamiques du Burkina Faso (FAIB) ;
Monsieur le Chef de la délégation de l’Organisation de la Coopération Islamique,
Monsieur le Secrétaire Exécutif de l’OJEMAO,
Monsieur le Gouverneur de la région du centre,
Honorables Cheick et Imams,
Mesdames et Messieurs les congressistes et séminaristes,
Chers frères et sœurs, distingués invités.

Conformément au Verset 6 de la Sourate 24 du saint Coran, permettez – moi, avant tout propos de vous dire : « Assalamou Alaïkoum », à savoir que ‘’la Paix de Dieu soit avec vous’’.

Après quoi, je voudrais rendre grâce à Allah, le Très Haut et le Tout Puissant, et rendre hommage à son Prophète Mouhammad (Paix et salut de Dieu sur lui) dont la volonté nous réunit ce matin à la faveur de l’organisation de l’important congrès de l’OJEMAO marqué par la tenue d’un colloque tout aussi essentiel sur le thème : « La contribution de la jeunesse musulmane de l’Afrique de l’Ouest à la prévention de l’extrémisme violent ».

Chers frères et sœurs, distingués invités,
Je voudrais rendre hommage également à la jeunesse ouest africaine, dignement représentée à cette rencontre de Ouagadougou. Je souhaite à toutes et à tous la bienvenue en terre africaine du Burkina Faso.

Je voudrais enfin adresser mes vives félicitations aux responsables de l’Organisation de la Jeunesse Musulmane en Afrique de l’Ouest, l’OJEMAO, pour le choix judicieux de la thématique de ce colloque.

En effet par ce choix, les organisateurs de cette rencontre ne font pas seulement œuvre d’utilité publique, car en ayant pour cible la Jeunesse, ils jettent ici les bases d’une Afrique de Paix, de fraternité et de concorde, quand on sait que la Jeunesse est notre avenir.

Et c’est en cela que cette activité interpelle tout citoyen et tout responsable à une profonde réflexion et un engagement sans réserve.

En fait, la problématique de la prévention de l’extrémisme violent et sa corrélation avec la jeunesse est fondamentale dans un monde aujourd’hui perturbé par des attaques terroristes aussi sanglantes qu’inhumaines, et surtout dans un contexte de graves amalgames qui tentent d’allier l’Islam et terrorisme.

Pour notre sous-région ouest africaine, durement éprouvée par les actes terroristes répétés au Mali, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire, sans oublier la barbarie inouïe de Bokou Haram au Nigeria et au Niger, la quiétude des honnêtes citoyens et citoyennes de nos Etats est mise à mal.

La réflexion autour de la question de l’extrémisme violent, dont les attaques terroristes en sont la triste manifestation, devient essentielle et même déterminante lorsque des jeunes de confession musulmane décident d’appréhender ledit phénomène.
Puisse que les terroristes, dans l’exécution de leurs crimes abominables, utilisent toujours, de façon ignoble, l’Islam comme paravent. S’il est vrai que l’histoire de l’humanité a souvent été marquée par des courants doctrinaux, parfois violents, il est inadmissible que des gens, au nom de la religion, nie le caractère sacré de la vie humaine, professent l’intolérance et rejettent la diversité des cultes et des croyances. Le Verset 256 de la Sourate 2 du saint Coran ne dit – il pas : « Point de contrainte en matière de religion… » ?

C’est alors déplorable, que certains fassent l’amalgame entre l’Islam et cette violence. Cette confusion nourrit bien souvent des soupçons injustifiés à l’égard de jeunes musulmans qui ne demandent qu’à vivre en bonne entente avec leurs concitoyens.

C’est légitimement donc que nous attendons que les conclusions des présentes assises puissent contribuer à l’éveil des consciences de nos populations face aux discours haineux des extrémistes qui prônent la violente et l’intolérance. Nous fondons cet espoir d’autant plus qu’au fond, l’Islam veut dire ‘’Paix’, As-salâm et que Dieu invite les croyants dans le Saint Coran, dans la Sourate 2.Verset 208 en ces termes : « Ô croyants, recouvrez - vous entièrement avec la Paix (As – salâm) ! Et gardez – vous de suivre les traces de satan ! Il est pour vous un ennemi déclaré. ».

Et plus loin, le Seigneur de la Miséricorde fait l’éloge des vrais musulmans à la Sourate 25 au Verset 63 : « Les serviteurs du Tout - Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur la terre, et si des ignorants les importunent, ils répondent : Paix (As - Salâm) ».

Chers frères et sœurs, distingués invités,

Je reste persuadé que ce colloque constituera une vitrine pour présenter le vrai visage de l’Islam tel que nous l’enseignent le CORAN et les Paroles de son saint Prophète, Mouhammad (que la Paix de Dieu soit sur lui).

Expression du vivre ensemble, l’Islam professe l’origine unique des fils et des filles d’Adam et leur vocation à aller vers Dieu, dans le respect de la pluralité des cheminements. Cela est recommandé par le saint Coran dans lequel Dieu dit à la sourate 49, verset 13 : « Ô Humains ! Nous vous avons créés à partir d’un mâle et d’une femelle. Et Nous vous avons répartis en nations et en tribus, pour que vous vous connaissiez mutuellement (et que vous fraternisiez). En vérité, le plus méritant d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et bien informé. ».

Abondant toujours dans la même logique, la sourate 5 en son verset 48 énonce : « … Si Dieu l’avait voulu, certes, Il aurait fait de vous une seule et même communauté ; mais Il a voulu vous éprouver par la diversité pour voir l’usage que chaque communauté ferait de ce qu’Allah lui a donné. Rivalisez donc d’efforts dans l’accomplissement de bonnes œuvres, car c’est vers Dieu que vous ferez tous retour et il vous éclairera alors sur l’origine de vos divergences ».

Chers frères et sœurs, distingués invités,

A la lumière de ces références coraniques, le principe de la diversité et de la différence entre les êtres humains est une richesse. Alors le respect des prescriptions divines exige de chacun le respect de la diversité des croyances et la pluralité des cultes que nos républiques s’évertuent à garantir.

A l’intention des séminaristes, je souhaite vivement que cette session vous enseigne, avec l’apport de vos éminents conférenciers, les vrais valeurs de l’islam et de barrer à jamais, le chemin de ceux qui voudraient exploiter vos textes et souvent votre vulnérabilité pour vous embarquer dans des voies sans issue notamment le terrorisme.

Il est vrai que dans un contexte de crise économique, notre jeunesse est constamment tentée par l’aventure. J’ai la claire conscience que l’extrême pauvreté et le chômage ambiant poussent des jeunes à accorder du crédit à ces terroristes, vendeurs d’illusion. Mais il faut, à tout prix, vous prémunir contre cette tentation à rejoindre tout groupe de malfaiteurs, ce sont des options gravement compromettantes et sans avenir. La voie sûre est bien celle qui consiste à vous instruire, à vous organiser, à renforcer vos capacités pour le vrai développement de nos pays respectifs.

Pour notre part, nous plaiderons auprès des gouvernements de la sous-région pour qu’ils fassent de la question de l’emploi des jeunes la priorité des priorités. En tout état de cause, au Burkina Faso où la jeunesse a été le catalyseur des changements majeurs de ces deux (02) dernières années, résorber le chômage des jeunes demeure une préoccupation majeure pour les hautes autorités qui s’y attèlent avec esprit de suite.

Chers frères et sœurs, distingués invités,

Au demeurant, l’un des défis majeurs auquel nos Etats de l’espace Ouest africain font face reste aujourd’hui la lutte contre le phénomène du terrorisme. Les travaux de ce colloque international se tiennent à un moment où nos Etats s’emploient à une meilleure coordination et à l’adéquation des stratégies de lutte contre le terrorisme.

Ainsi, le monde est préoccupé par la montée des organisations terroristes qui recourent à la terreur et au meurtre. Toute musulmane, tout musulman doit se départir de toute affiliation avec ces extrémistes aux pratiques répugnantes, car le Saint Coran affirme clairement que « … Celui qui tue un seul humain, sans raison valable, c’est comme s’il avait tué l’humanité, toute entière … » (Sourate 5, verset 32).

C’est pourquoi, il faut mettre en place des stratégies qui impliquent tous les leaders et responsables, à tous les niveaux, afin de combattre efficacement ce mal qui hypothèque notre développement.

Chers frères et sœurs, distingués invités,

Nous sommes convaincus que la solution pour venir à bout de l’extrémisme violent, réside entre autres dans l’éducation et l’emploi des jeunes. Les pays membres de la communauté mondiale doivent être en bons termes, apprendre à mieux se connaître et à mieux vivre ensemble.

Je serai particulièrement attentif aux conclusions de vos travaux qui, j’en suis sûr, éclaireront d’un jour nouveau les valeurs de paix, de justice, de solidarité et de vivre ensemble si chères à notre société.

Une fois encore, je me réjouis de cette initiative de l’OJEMAO, pour nous accompagner dans nos politiques de lutte contre le terrorisme.

Pour terminer je tiens à saluer et à remercier tous les éminents conférenciers qui dispenseront les enseignements à cette jeunesse engagée dans la voie du développement. Ainsi, j’exhorte cette jeunesse à prêter une oreille attentive à l’ensemble des communications qui seront faites au cours de ces trois jours de travaux.

Puisse Allah, le Tout Puissant et le Très Haut, vous assister durant ces jours.

Sur ce, je déclare ouvert le 8è congrès de l’OJEMAO et le colloque International pour « La contribution de la jeunesse musulmane de l’Afrique de l’Ouest à la prévention de l’extrémisme violent ».

Plein succès à vos travaux.

Je vous remercie !
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