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Clôture de la 1ère session ordinaire : Salifou Diallo invite l’exécutif à combattre fermement l’incivisme

Les lampions se sont éteints sur la première session ordinaire de la 7ème législature de l’Assemblée nationale ce lundi 30 mai 2016. La cérémonie de clôture a été marquée par le seul discours du président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo, situant le contexte et les acquis de ces 90 jours de travaux. C’était en présence du Premier ministre Paul Kaba Thiéba, des membres du gouvernement et d’autres invités de marque.

Comme à l’accoutumée, cette grand’messe s’est voulue solennelle : tapis rouge pour les personnalités, décor des grands jours, huissiers parlementaires bien tirés dans leurs jolies redingotes ,brefs, l’Assemblée a affiché un air de fête.
Dans l’hémicycle, l’atmosphère était bon enfant, aidée en cela par l’air frais qui s’échappait des persiennes des grandes enceintes de climatisation nouvellement installées. Aujourd’hui, point besoin de carton ou de feuilles pour se ventiler.
16h10. Salifou Diallo fait son entrée à l’hémicycle. Il est drapé élégamment dans un ensemble Faso Danfani blanc écarlate brodé de fils fins. Le salut bien poli, le coup de maillet retentit pour annoncer l’ouverture de la plénière. Mais avant d’aller au fond des choses, l’appel nominal des députés : 30 absents dont 24 excusés, 9, procurations, 107 votants. « L’Assemblée nationale est toujours en nombre pour délibérer et régler son ordre du jour » lance le président. Puis de donner quelques annonces. Celle qui a retenu l’attention est l’accueil du député Abdoulaye Ouédraogo, élu du Zondoma, sous la bannière du MPP. Il remplace Lassané Savadogo, démissionnaire parce qu’ayant été nommé directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Place maintenant au discours de clôture de la session. C’est par un rappel du contexte dans lequel s’est déroulée cette première session que le Président Diallo a introduit son speech. Le ton posé, le flot magistral, il a retenu l’attention de l’assistance par un discours bien à propos, qui répertorie les préoccupations de l’heure des populations burkinabé.

Restaurer coûte que coûte l’autorité de l’Etat

L’incivisme, la restauration de l’autorité de l’Etat, le terrorisme, ont été les premiers grands points évoqués par l’orateur du jour. A propos, il dira que : « S’il faut se féliciter du raffermissement de la démocratie et de la liberté dans notre pays, il faut cependant faire remarquer que certains de nos concitoyens confondent liberté et libertinage qui confine à l’incivisme bruyant et intolérable. C’est pourquoi, du haut de cette tribune, je lance un appel pressant au gouvernement pour qu’il réagisse promptement et mette fin à cette situation qui est inacceptable. Rétablir l’autorité de l’Etat en faisant respecter les lois et règlements de la République, mettre au pas ceux-là qui s’adonnent à l’incivisme relèvent plus que jamais du domaine de l’impératif. Au demeurant, pour restaurer l’autorité de l’Etat et contrer l’incivisme, notre pays dispose d’un arsenal juridique et réglementaire y relatif. Et si jamais, à l’épreuve des faits, ce dispositif recelait des limites, notre parlement est tout disposé à légiférer dans ce sens aux fins de doter notre pays de moyens appropriés pour plus d’efficacité de l’action gouvernementale ». Puis, d’un ton ferme, la voix quelque peu haussée, il prévient : « En tout état de cause, force doit rester à la loi et aucun citoyen ou catégorie de citoyens quelles que soient leurs qualités et vertus ne sauraient se substituer à l’Etat pour exercer le pouvoir de coercition légale et légitime dont l’Etat doit demeurer l’unique détenteur ». Faut-il voir ici, une pique envoyé à certains groupes communautaires d’autodéfense Kogl-weogo qui brillent par leurs méthodes peu républicaines ? Salifou Diallo n’en dit pas d’avantage. Le Premier ministre, à ce moment précis, hoche la tête, comme pour dire que l’exécutif a bien assimilé les propos.
Contre le terrorisme, Salifou Diallo a reconnu que la lutte est quasi impossible si le Burkina Faso reste solitaire. C’est pourquoi, il préconise la mutualisation des forces avec d’autres pays.

La diplomatie parlementaire burkinabé se porte bien

Le Président Salifou Diallo, a dressé un tableau des acquis de cette première session. « Premièrement au titre des dossiers déposés 21 projets de lois inscrits à l’ordre du jour, 01 loi retirée, 01 loi ajournée, 02 propositions de résolution inscrites. Au jour d’aujourd’hui, on dénombre 19 lois votées, 04 résolutions. Les questions orales avec ou sans débats inscrites à l’ordre du jour de cette session sont au nombre de 17 dont 04 avec débat. 40 questions écrites au total ont été transmises au gouvernement ».

Salifou Diallo, tout en invitant l’exécutif à multiplier les efforts pour répondre favorablement aux attentes des citoyens (l’examen des grands dossiers de justice, la création d’emplois pour les jeunes, etc.), a salué la baisse du prix de l’essence, la bonne tenue des élections municipales du 22 mai 2016, l’adoption de la loi de finances 2016 qui a permis de prendre en compte le Plan national de développement économique et social (PNDES). Des résultats ont été atteints dans le domaine de la diplomatie parlementaire. Dans son discours, il est ressorti que l’Assemblée nationale entretient des relations avec huit organisations parlementaires. Extrait : « Des Députés burkinabè ont pris part à diverses sessions organisées par certaines de ces organisations interparlementaires. Il s’agit essentiellement du parlement de la CEDEAO à Abuja au Nigeria, du Comité Interparlementaire (CIP /UEMOA) à Abidjan en Côte d’Ivoire, de l’Assemblée Parlementaire Paritaire / Afrique-Caraïbes-Pacifique à Bruxelles en Belgique. D’autre part, il importe de mentionner que nos députés membres du parlement de la CEDEAO et du parlement Panafricain ont prêté serment. A la tête d’une forte délégation de parlementaires, j’ai personnellement pris part à la 134ème Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP) à Luzaka en Zambie du 19 au 23 mars 2016 ». C’est dire que la diplomatie parlementaire burkinabé se porte bien.
Au terme de son discours, le Président de l’Assemblée a fait constater qu’ « au moment où s’achèvent nos travaux, la saison des pluies s’installe. N’est-ce pas là une manière pour la providence de nous rappeler, nous les élus de la nation, que l’immense majorité de notre peuple va retrouver le chemin des champs ? ». Tout en souhaitant bonne saison des pluies aux Burkinabé, il a invité, avec l’humour qu’on lui connait, les députés à « aller au village soutenir nos braves paysans » plutôt que de s’offrir des vacances à Paris. Ambiance.

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