Burkina Faso
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Discours de clôture du Dr Salifou Diallo Président de l’Assemblée Nationale A la première session parlementaire ordinaire de l’année 2017

Excellence Monsieur le Premier Ministre, chef du Gouvernement ;
Mesdames et Messieurs les Présidents d’Institutions ;
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques et consulaires ;
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations internationales et interafricaines ;
Monsieur le chef de file de l’opposition politique (CFOP) ;
Honorables Députés à l’Assemblée Nationale ;
Distingués Invités ;
Mesdames et Messieurs ;

C’est un plaisir pour moi, de vous souhaiter une cordiale bienvenue dans cet hémicycle en cet instant solennel dédié à la clôture de notre première session parlementaire ordinaire de l’année 2017.
Au nom de la Représentation nationale, je voudrais avant tout propos, vous exprimer ma sincère gratitude pour votre présence effective à cette cérémonie, ce qui est un témoignage éloquent, de l’intérêt que vous portez aux travaux de notre auguste assemblée.
Ouverte le 1er mars 2017, cette session parlementaire, la toute première de l’année, prendra fin au terme de la présente cérémonie.
Cette clôture intervient dans un contexte où nous pouvons d’une part, nous féliciter des actions menées par nos forces de défense et de sécurité dans la zone Sahélienne de notre pays et d’autre part, regretter une agitation sociale déplorable et contre productive.

1. De la lutte contre le terrorisme
S’il est vrai que les défis liés à la sécurité et au terrorisme demeurent présents, les dernières opérations menées par nos forces armées semblent constituer un tournant décisif dans la lutte contre le terrorisme.
En effet, ces dernières actions ont permis de redonner espoir et confiance aux populations de la partie Sahélienne de notre pays. Les agents des services publics notamment de l’éducation et de la santé qui avaient déserté la région du sahel, ont repris service. En outre, ces actions ont été suffisamment dissuasives pour faire comprendre à l’ennemi que notre peuple et son armée sont déterminés à défendre notre pays avec fermeté et sans concession.
C’est le lieu d’exprimer au nom de l’ensemble des élus de la Nation, toute notre satisfaction à l’endroit de nos forces armées et de leur renouveler notre soutien indéfectible.

2. Le front social
Il convient de déplorer les remous sociaux qui perturbent le climat social.
C’est une situation regrettable car plus que jamais le pays a besoin d’un climat social apaisé pour pouvoir mobiliser toutes les énergies disponibles pour servir la cause du développement.
Nonobstant cette situation sociale, le Gouvernement poursuit avec sérénité l’opérationnalisation de son programme aux fins de bâtir une société de prospérité et de progrès social et économique à même de résorber le chômage des jeunes et qui mette fin à la marginalisation de la femme.
Pour cette noble mission, le Gouvernement peut compter sur le soutien de la Représentation Nationale.
Par ailleurs, tout en lui renouvelant nos encouragements pour sa disponibilité et son esprit d’ouverture au dialogue social, nous l’exhortons à faire preuve de fermeté, car dans un Etat de droit, les citoyens quelle que soit leur catégorie, ne sauraient se soustraire à leurs obligations et se prévaloir uniquement de leurs droits.
Nous invitons par conséquent, le Gouvernement à faire preuve de fermeté et ce d’autant plus qu’il n’est pas concevable de sacrifier l’avenir des jeunes, des femmes, et des autres producteurs de notre pays au profit d’une seule catégorie d’agents publics.
La défense de l’Etat de droit devient un impératif face à des revendications catégorielles qui à terme, menacent notre existence en tant que communauté étatique.
S’agissant toujours de la situation nationale, je voudrais saluer la tenue de la Journée Nationale du Paysan (JNP) les 12 et 13 Mai derniers à Kaya.
La Représentation nationale renouvelle son soutien au monde paysan dans son combat contre la pauvreté et pour la souveraineté alimentaire.

Excellence, Monsieur le Premier Ministre,
Distingués invités,
Honorables députés,
Mesdames et Messieurs

La clôture de la première session ordinaire de l’année 2017 m’offre l’agréable opportunité de dresser avec vous le bilan de trois mois d’activités parlementaires.
Dans ce sens, cette session parlementaire qui s’achève aura permis d’enrichir notre patrimoine législatif de 28 nouvelles lois, qui participent indubitablement au renouvellement de l’encadrement juridique et normatif dans notre pays.
C’est le lieu de féliciter l’ensemble des députés, les présidents de commissions, les groupes parlementaires de la majorité comme de l’opposition.
Qu’il me soit permis, de revenir ici sur quelques-unes d’entre elles soit parce qu’elles comblent un vide juridique soit parce qu’elles vont avoir une incidence positive sur notre économie.
Il s’agit des lois ci-après :

1. La loi portant réglementation générale du secteur de l’énergie au Burkina Faso

La question énergétique demeure sans conteste l’une des dimensions les plus sensibles de la problématique du développement socio-économique de notre pays.
En effet, le Burkina Faso est classé parmi les pays où l’électricité coûte le plus cher au monde !
C’est une situation qui en soi, constitue non seulement un facteur limitant pour les investissements, mais le faible taux de couverture qui est de l’ordre de 34% n’autorise pas non plus l’accès de l’électricité au plus grand nombre des ménages.
C’est conscient de cette réalité, que le Gouvernement a pris la ferme résolution de donner une nouvelle orientation à la politique énergétique au Burkina Faso, à travers une transition claire vers les énergies renouvelables, en vue d’accroître l’offre énergétique.
Les objectifs poursuivis d’ici 2020 étant entre autres de :
1. Atteindre un taux de couverture d’énergie électrique de 80% sur l’ensemble du territoire contre 34 actuellement
2. Augmenter la puissance électrique installée qui est actuellement de 325 MW à 1000 MW par la construction de centrales solaires et thermiques.
Cette loi va révolutionner la question énergétique dans notre pays et permettre ainsi la baisse des coûts au profit aussi bien des investisseurs que des ménages.
Je salue ici la clairvoyance du Gouvernement et l’exhorte à élaborer dans les meilleurs délais les textes d’application de ladite loi afin de hâter sa mise en œuvre effective.

2. La loi portant création de la caisse de dépôts et de consignations au Burkina Faso

Il est reconnu que la problématique du développement est multidimensionnelle ; ce qui implique que l’action en faveur du développement soit conduite dans une approche intégrée.
Malheureusement, au Burkina Faso, de nombreux secteurs d’activités tels que l’énergie, la santé, l’éducation, l’économie numérique, les routes, les barrages et infrastructures critiques de base, n’ont pas accès à des financements appropriés alors même que le besoin de financement se pose avec acuité.
Désormais, la Caisse de Dépôts et de Consignations va permettre d’assurer le financement adéquat des investissements structurants de l’Etat, des régions et des communes.
La création de la Caisse procède d’une décision courageuse du Gouvernement qui permettra à L’Etat de disposer enfin d’un levier essentiel pour ses actions de développement.
Au nom de la Représentation nationale, je voudrais féliciter le Gouvernement pour cette heureuse et pertinente initiative.

3. La loi portant organisation de la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses au Burkina Faso
De nos jours, l’or est le premier produit d’exportation de notre pays.
Deux modes d’exploitation coexistent dans le secteur aurifère.
L’exploitation industrielle et l’exploitation artisanale communément appelé « orpaillage ».
L’orpaillage occupe environ deux millions de burkinabé. Toutefois, ce dernier mode d’exploitation apporte des difficultés dont les plus importants sont ceux liés à la dégradation de l’environnement, à la santé des orpailleurs à l’utilisation des enfants à l’usage des substances nocives mais surtout occasionne d’énormes pertes de recettes fiscales en raison de la fraude qui y sévit.
Face à cette situation, la commission d’enquête parlementaire sur les mines a recommandé le vote d’une loi permettant de mettre en place et de régir les principes de la commercialisation de l’or et de la répression de la fraude.
Les objectifs majeurs de cette loi sont les suivants :
• Une meilleure organisation de l’activité d’exploitation minière artisanale ;
• Un meilleur fonctionnement de la structure nationale de contrôle en matière de commercialisation de l’or
• Un renforcement des attributions de l’Agence Nationale d’Encadrement des Exploitations Minières Artisanales et Semi-mécanisées (ANEEMAS)
• Un assainissement du circuit de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses produits artisanalement.
Au total, cette loi va permettre de générer des recettes au profit du budget de l’Etat à travers les frais liés aux prestations de l’ANEEMAS et à la régularisation administrative des acteurs intervenant dans ce sous-secteur.

Excellence Monsieur le Premier Ministre ;
Distingués Invités ;
Honorables Députés ;
Mesdames et Messieurs ;

L’une des missions constitutionnelle de l’Assemblée Nationale demeure le contrôle de l’action gouvernementale.
Il serait fastidieux de revenir ici sur toutes les interpellations faites au gouvernement qu’il s’agisse des questions orales ou des questions écrites.
Au demeurant, je saisis l’occasion pour féliciter le Gouvernement pour sa disponibilité qui a permis des échanges fructueux entre les élus de la Nation et l’exécutif.
Il convient de souligner qu’au cours de cette session, le Parlement a pris trois résolutions portant respectivement création d’une commission d’enquête parlementaire sur les secteurs de la santé et de l’enseignement et une commission d’enquête parlementaire sur la réalisation d’infrastructures et l’acquisition d’équipements par les maîtrises d’ouvrage déléguées.
Pour bien comprendre notre démarche, il importe de revenir sur ce qui a motivé la mise en place de ces différentes commissions d’enquête et leurs finalités.

1. De la commission d’enquête parlementaire sur le système de santé

Au Burkina Faso, la maxime qui considère que la santé n’a pas de prix mais qu’elle coûte chère est plus que jamais d’actualité.
Ainsi, la santé est l’une des préoccupations majeures au quotidien des populations qui y font face difficilement.
L’objectif de la commission d’enquête parlementaire est de mener des investigations dans les services de santé du pays afin de dresser sans complaisance aucune, un état des lieux, aussi exhaustif que possible de notre système de santé.
De proposer des mesures correctives et d’inviter le gouvernement à prendre des mesures appropriées en vue de son optimisation.

2. De la commission d’enquête parlementaire sur le système d’enseignement au Burkina Faso

La loi d’orientation de l’éducation en son article 3 dispose que : « Le système éducatif Burkinabé a pour finalité de faire du jeune burkinabé un citoyen responsable producteur et actif »
Malheureusement, aussi bien au niveau de l’offre que de la qualité, de nombreuses difficultés jalonnent chaque sous-ordre du système d’enseignement, compromettant ainsi l’atteinte de la finalité éducative prônée par la loi d’orientation.
L’école burkinabè, au lieu de former des citoyens producteurs, capables de se prendre en charge et de participer au progrès national, est devenue « une usine de fabrique » de chômeurs et de sous-emplois.
L’école burkinabè n’est pas en adéquation avec le marché du travail. Cette situation déplorable est source de désespoir pour la jeunesse.
C’est au vu de cette situation peu reluisante de notre système éducatif, que la Représentation nationale a pris la résolution de créer une commission d’enquête parlementaire en vue de cerner toute la problématique de notre système éducatif. L’enquête parlementaire vise par conséquent à faire l’état des lieux et diagnostiquer les maux qui entravent la performance de notre système éducatif du préscolaire à l’université et de proposer des mesures correctives.
En effet, il est urgent de réagir de façon énergique pour refonder l’école burkinabè.

3. La commission d’enquête parlementaire sur la réalisation d’infrastructures publiques et l’acquisition d’équipement par les Maîtrises d’ouvrage déléguées (MOD)
Il n’est peut-être pas superflu de revenir ici sur l’origine de cette commission d’enquête parlementaire.
En effet, l’article 96 al.1 de notre constitution dispose que : « l’opposition parlementaire a le droit, une fois par an, d’introduire un projet de résolution en vue de la création d’une commission d’enquête parlementaire et de la présider. Cette commission d’enquête est ouverte aux membres des autres groupes parlementaires ».
C’est donc une commission d’enquête parlementaire créée à la demande de l’opposition.
Au Burkina Faso, la réalisation des infrastructures publiques de qualité a toujours été une préoccupation dans les différents départements ministériels.
Face à ces difficultés que connaissent les départements ministériels, le gouvernement a depuis 2006, adopté la Maitrise d’ouvrage déléguée (MOD) comme solution alternative pour réaliser des infrastructures de qualité et améliorer le taux d’absorption des crédits budgétaires et d’exécution des investissements.
Toutefois, malgré la transparence et la célérité recherchées le dispositif de la Maitrise d’ouvrage déléguée ne répond pas toujours aux objectifs poursuivis.
Il importait dès lors de faire un diagnostic de l’exécution des Programmes d’Investissement Publics (PIP) par la Maîtrise d’Ouvrages Déléguée dans un certain nombre de départements ministériels. Les objectifs visés étant entre autres :
-  situer la responsabilité des acteurs intervenant dans le processus des Maitrise d’ouvrage déléguées dans les dysfonctionnements qui seront relevés ;
-  évaluer le dispositif juridique sur les Maitrise d’ouvrage déléguées ;
-  formuler enfin, des recommandations en vue d’améliorer la réalisation des infrastructures publiques, l’acquisition des équipements et la promotion de la bonne gouvernance.

Distingués invités,
Honorables députés,
Mesdames et Messieurs,

Il vous souviendra que son Excellence Monsieur le Premier Ministre a prononcé devant cet auguste Assemblée le 14 Avril dernier, son discours sur la situation de la Nation.
Je réitère au nom de la Représentation nationale toutes mes vives félicitations à Monsieur le Premier Ministre et à son gouvernement.
Tout en saluant l’action du Gouvernement, nous lui renouvelons notre invitation à s’investir pleinement sur les différents chantiers du Programme National de Développement Economique et Social (PNDES) de sorte que les fruits de la croissance aient des retombées concrètes sur la vie de nos concitoyens.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

Le bilan que j’ai promis de dresser avec vous serait incomplet si nous n’évoquions pas le chapitre de la coopération parlementaire.
Sur le plan de la diplomatie parlementaire, les actions menées au cours de cette première session ordinaire de 2017 se présentent comme suit :

1. Au niveau de la coopération bilatérale
Il convient de relever la visite à Ouagadougou les 22 et 23 mars 2017, de Monsieur Claude Bartolone, Président de l’Assemblée Nationale Française, ce qui a représenté une opportunité pour nos deux assemblées nationales de signer une convention visant au renforcement de la coopération entre nos deux parties.

Toujours au chapitre de la coopération bilatérale, j’ai successivement pris part à la tête d’une forte délégation parlementaire, aux cérémonies solennelles des sessions des Assemblées sœurs du Togo le 4 avril 2017 et du Bénin le 10 avril 2017.
Au-delà d’une pratique de simple courtoisie, il s’est agi pour nous de réaffirmer à travers notre présence, notre engagement pour la consolidation des liens de fraternité, de solidarité et d’intégration sous régionale et notre profond attachement à la paix et à l’entente.
Dans la même veine, d’autres délégations de parlementaires Burkinabè ont pris part aux ouvertures des sessions parlementaires des Assemblées de la Côte d’Ivoire et de la République du Mali le 03 avril 2017.

2. La coopération multilatérale
Concernant ce volet, nos actions ont surtout consisté à la participation de nos représentants aux rencontres statutaires des organisations inter parlementaires auxquelles nous sommes parties prenantes.
Par ailleurs, la crédibilité du Burkina Faso au sein de ces organismes lui a valu d’être sollicité pour abriter dans les prochains mois les rencontres suivantes :
• Un sommet sur la nutrition organisé conjointement par l’UNICEF et l’Union interparlementaire prévu du 27 au 29 juin 2017 à Ouagadougou
• Un sommet parlementaire sur le dividende démographique en partenariat avec l’Organisation Ouest Africaine de la Santé prévu en Juillet 2017 également à Ouagadougou
• La 40ème conférence de l’union parlementaire africaine et la 71ème session du comité exécutif de ladite organisation en Novembre 2017 à Ouagadougou.
Pour terminer, je n’oublie pas la deuxième réunion de concertation entre l’Assemblée Nationale et les Partenaires Techniques et Financiers dans le cadre de la mobilisation des ressources pour l’exécution du plan stratégique de l’Assemblée.
C’est pourquoi, il me plaît de renouveler notre reconnaissance et notre gratitude aux partenaires bilatéraux, multilatéraux et aux organisations non-gouvernementales pour leur constante sollicitude et leur ferme engagement à nos côtés.
Voilà résumé, Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Distingués invités,
Honorables Députés,
Mesdames et Messieurs,

L’essentiel de nos actions au cours de cette session parlementaire.
Toutefois, au regard des dossiers d’intérêt majeur en instance, Monsieur le Premier ministre, se fondant sur l’article 88 de la constitution, a sollicité la convocation d’une session extraordinaire.
Ayant accéder à sa requête, elle s’ouvrira le 20 Juin prochain.
Avant de clore mon propos, j’aimerais souhaiter une bonne et fructueuse saison de cultures à nos braves et vaillants paysans. Quant à mes collègues honorables députés, je vous souhaite de passer d’agréables moments de vacances bien mérités.
Sur ce, je déclare close la première session parlementaire ordinaire de l’année 2017.

Vive le Burkina Faso !

Je vous remercie !

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