Burkina Faso
Unité - Progrès - Justice
Archives
 
 
 
 
 
 
 

Actualités

Fonds de promotion de l’emploi : Les députés touchent du doigt la réalité

Après une semaine d’audition des différents responsables des différents fonds de promotion de l’emploi, les députés membres de la mission d’information en charge du dossier sont allés à la rencontre des bénéficiaires de la région du Centre, du lundi 13 au mercredi 15 novembre 2017. La mission a pu se faire une idée de l’impact des apports desdits fonds dans la création et la promotion de cette région du Centre.

Avec un prêt de 800 000 mille francs CFA contracté auprès du Fonds d’appui aux initiatives des jeunes (FAIJ), Mlle Zongo est arrivée à monter une affaire qui se développe d’année en année : un salon de coiffure ! Situé à Tanguin, son salon dénommé « Fat fashion beauté », fait dans les tresses, les poses d’ongles, la manicure et la pédicure, la confection et la vente de perruques, etc. Aujourd’hui, Mlle emploie trois autres filles toutes déclarées à la Caisse nationale de sécurité sociale. Ses recettes par jour se chiffrent entre 100 et 150 milles francs CFA. « La Coiffure nourrit son homme » confie une de ses employées, arrachant du coup un sourire au Directeur général du FAIJ, Sébastien Sanon. Ce dernier, en effet, brandit fièrement le dossier de Mlle Zongo comme une réussite qui devrait susciter de l’émulation chez bien d’autres jeunes. « Fat fashion beauté », l’affaire de Mlle Zongo est déjà bénéficiaire de plusieurs reconnaissances dont le 1er grand prix de l’économie informelle du ministère de la Jeunesse et de la promotion de l’emploi en 2015. Pour le premier responsable du fonds, avec de la volonté, du sérieux et de l’accompagnement, on réussit son entreprise et sa vie.
Mlle Zongo n’est pas le seul exemple de réussite secrété par ce Fonds.

L’Association Galbo, une structure regroupant plus d’une centaine de femmes, fait la fierté du FAIJ. Avec un prêt d’un million de francs CFA, ces braves dames ont pu mettre en place une unité de production et de vente de vin et de jus à base de fruits locaux tel le pain de singe, le raisin sauvage, etc. A les entendre, c’est une activité qui les a considérablement éloignées de l’assistanat des maris, de l’oisiveté, et surtout des facilités de la débauche. Au secteur 29 de Ouagadougou, l’Association Pouk-yam se positionne également comme un exemple à suivre. Avec le soutien du Fond d’appui aux activités rémunératrices des Femmes, elles arrivent à fabriquer et à distribuer de quoi faire mijoter joyeusement des bouillons : du soumabla et de la pâte d’arachide. Selon la première responsable de l’association, Delphine Ouédraogo, la vente de ses produits permet aux différents membres de gérer au mieux leurs familles. Pour elle, leurs activités prospèrent grâce à l’accompagnement, en termes de fonds et de conseils, du FAARF.
Les Fonds de promotion de l’emploi apparaissent, a priori, comme de véritables instruments de création et de promotion de l’emploi au Burkina Faso. « Mais attention, l’arbre ne doit pas cacher la forêt », répète, avec un brin de circonspection, le Chef de la mission, Yahaya Zoungrana.


Pour lui, le foisonnement des Fonds devrait en principe montrer une situation nettement plus reluisante. Au contact du terrain, lors de cette tournée, les députés ont pu constater qu’en plus des exemples éloquents, il existe aussi des ratés et des insuffisances.
Le cas de sieur Sawadogo Adama, mécanicien d’engins à deux roues, se positionne comme un contre-exemple parfait. Soutenu par le Fonds d’appui au secteur informel (FASI), il est arrivé à mettre en place un petit garage de réparation et d’entretien de motos. Sitôt ouvert, sitôt fermé, son hangar présentant de nos jours un air de délabrement total. Lui-même, volatilisé comme par enchantement, est de nos jours difficilement joignable. A écouter les responsables des différents fonds, ces cas sont légion et n’encouragent pas à la poursuite des actions.
La question de l’accompagnement des Fonds aux bénéficiaires bute à d’énormes difficultés. Les députés ont pu apprendre que le recouvrement des acomptes est un gros souci. Aussi, la mobilité de certains bénéficiaires ainsi que l’inaccessibilité de certaines zones ne facilitent pas du tout un bon suivi. « Cet état de fait ne favorise pas un bon suivi technique pour optimiser les chances de réussite des jeunes » regrette la Directrice du FAARF.

L’insuffisance des fonds accordés sous forme de prêt est aussi pointée du doigt par certains bénéficiaires. C’est le cas de Georges Zabsonré, ex travailleur de la Société nationale d’exploitation et de distribution cinématographique du Burkina Faso (SONACIB). Avec un prêt de trois millions contractés auprès du Fonds national d’appui aux travailleurs déflatés et retraités (FONA-DR), ce déflaté est en train de mettre en orbite un ingénieux projet dans le domaine du tourisme et de la pêche. Il construit, en effet, un bateau de pêche dans le but de développer le tourisme du côté de Bagré pôle. Son prêt de trois millions s’est avéré nettement en deçà de la vingtaine de millions nécessaires pour finaliser le projet. Il n’en démord pas et lance un appel à tout partenaire désirant l’accompagner sur ce coup qui, confie-t-il, est approuvé par le ministère en charge du tourisme.
Cette tournée a eu le mérite de permettre aux députés de lever des a priori et de vérifier des hypothèses concernant l’impact des Fonds dans la création et la promotion des emplois. Afin d’affiner leur idée sur les recommandations et les propositions à formuler à l’endroit du gouvernement, le groupe compte se rendre à Dédougou et à Bobo Dioulasso, du 19 au 24. Là-bas, les députés iront à la rencontre d’autres promoteurs.

A lire également :