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Députés et OSC s’accordent pour un mieux-être des populations

Une coalition de six organisations de la société civile, conduite par l’Association burkinabé pour le bien-être familiale (ABBEF) s’est entretenue avec un groupe de députés le mardi 31 mai 2016 à l’hémicycle. Il s’est agi pour les deux parties de jeter les bases d’une collaboration future afin de ralentir, sinon freiner la forte croissance démographique en cours au Burkina Faso. Cela, en sus d’une campagne de communication dont le thème est : « Jeunesse et défis de la santé de la reproduction et de la planification familiale au Burkina Faso ».

Une jeunesse forte et engagée sur les chantiers du développement est le rêve de tout gouvernant. Par contre, une jeunesse très active en matière de reproduction l’est moins. Les Burkinabè sont enviés pour leur engagement et leur audace à régler leurs problèmes. Cet activisme est porteur aussi d’écueils dans certains domaines comme la reproduction sexuelle. La preuve par des chiffres : un taux d’accroissement annuel de 3,1% selon les données de l’Enquête démographique et de santé (EDS 2010). L’activisme en matière de sexe est particulièrement débordant chez les ados : ceux dont l’âge oscille entre 15 et 19 ans contribuaient pour …11% de la fécondité totale avec une proportion de 12 % en milieu rural et de 9% en milieu urbain. Et comme pour ne rien arranger, la prévalence contraceptive est de 15%. Résultats : un début de surpeuplement en cours avec les conséquences néfastes sur le développement durable. La situation est délicate mais pas irréversible. Il faut donc travailler à éviter les comptabilités peu reluisantes en matière de santé de la reproduction de la jeunesse. Si rien n’est fait, la population burkinabè pourrait augmenter de près de 60 millions d’ici 2050 contre 32 millions à la même période si notre pays consacrait plus de ressources en faveur de la santé de la reproduction, notamment la planification familiale.
L’ABBEF et six autres OSC ont initié une campagne de communication au slogan évocateur : « 1 000 000 de voix pour la santé sexuelle et de la reproduction et la planification ». Leur objectif est de pouvoir régler les questions d’accès aux services de santé sexuelle et reproductive et la lutte contre les grossesses non désirées. Etablir un lien dynamique avec les parlementaires par le biais d’un plaidoyer est une option porteuse de résultats. « En décidant d’engager la réflexion avec vous (…), nous voulons avoir des alliés sûrs afin d’oeuvrer ensemble à réunir les conditions pour un mieux-être des populations » a expliqué le Président national de l’ABBEF, Albert Z. Yaméogo, à l’ouverture de la séance des travaux avec les députés. Le 2ème Vice-président de l’Assemblée nationale, Lona Charles Ouattara, représentant le Président empêché, a tout de suite marqué son accord et celui des autres parlementaires : « nous sommes d’avis qu’avec une situation peu reluisante, il convient de songer aux voies et moyens de maîtriser cette forte croissance démographique et de travailler surtout à en faire une véritable opportunité de développement » . L’autorité parlementaire est allée plus loin dans son engament : « Je voudrais vous rassurer de la disponibilité du parlement à poursuivre les échanges au-delà de cet atelier et à toujours accompagner les actions de plaidoyers de la société civile à travers le travail législatif que nous faisons au quotidien pour le bien-être des populations ». Sourire et acclamations des participants.
A l’hémicycle, les parties n’ont pas fait dans la dentelle. Le langage franc, les chiffres à l’appui, députés et OSC, ‘’œil dans œil’’, comme qui dirait, se sont parlés. Leurs points de vue s’accordant, personne n’a trouvé à redire face à l’idée d’unir les forces. La conviction qui se dégage désormais est de bâtir un avenir prometteur dans lequel les naissances seront désirées et maîtrisées, les décès maternels et infantiles réduits, une jeunesse maîtrisant sa sexualité et pensant plus aux classes qu’aux bas-ventres, le tout couronné par un développement humain durable.

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