Burkina Faso
Unité - Progrès - Justice

Les Echos de l’Assemblée nationale  >>   Numéro 001

L’Assemblée nationale s’engage

« Ensemble, mobilisons-nous pour contribuer à la réalisation des nouveaux objectifs mondiaux à travers l’élimination des MGF d’ici à 2030 », c’est sous ce thème que le Parlement des enfants du Burkina Faso a commémoré, le samedi 27 février 2016, la journée internationale « tolérance zéro » aux mutilations génitales féminines, avec l’accompagnement de l’épouse du Chef de l’Etat, Madame Sika Bella Kaboré. A l’occasion, les tout-petits ont organisé une marche en direction du Parlement où leurs représentants ont sollicité le soutien du Président Salifou Diallo et l’engagement des députés dans la lutte contre l’excision.

La pratique de l’excision laisse des séquelles aussi bien psychologiques que physiques. Elle est souvent cause de décès des petites filles excisées. Au Burkina Faso, en dépit des lois en vigueur, l’excision a la peau dure et demeure une réalité quotidienne, créant ainsi la désolation dans des familles. Selon l’enquête démographique et de santé 2010, 58% de filles âgées de 15 à 19 ans sont victimes de l’excision. Entre sensibilisation et répression, les résultats restent mitigés.
Et les enfants en sont conscients et s’impliquent dans la lutte contre cette pratique.

Aidé par des partenaires, le Parlement des enfants est venu solliciter l’accompagnement de l’Assemblée nationale. Selon la représentante des enfants, Carine Balma, « la pratique de l’excision continue sous diverses formes. Son abandon serait une utopie si nous, Parlement des enfants et vous, représentants du pouvoir législatif, restons inactifs face à cette pratique ». C’est cette conviction qui a sous-tendu les différents points de plaidoyer déroulés devant le Chef du Parlement burkinabè, Salifou Diallo.
En effet, dans le message adressé au Président de l’Assemblée nationale, le Parlement des enfants a sollicité la relecture de la loi réprimant l’excision au Burkina Faso, l’accroissement des ressources financières allouées au domaine de la promotion de l’élimination de la pratique de l’excision, une plus grande implication des chefs coutumiers dans les activités de promotion de la lutte, l’implication personnelle de chaque député dans le dialogue social dans sa communauté, la création de comités de protection des enfants dans les villages, etc.
En réponse, le Président Salifou Diallo s’est engagé, avec les députés, à combattre la pratique de l’excision dans notre pays. Le Président de l’Assemblée nationale a, séance tenante, rassuré de son engagement personnel et de celui de la Représentation nationale à relire « la loi 96 portant répression de la pratique de l’excision » dans le sens de renforcer la lutte et de barrer toute velléité de pratique néfaste sur les organes intimes des enfants.
Le Président de l’Assemblée nationale a aussi promis de faire « de chaque député, un gendarme de la lutte » à travers des séances de sensibilisation et diverses autres actions dans leurs communautés respectives.

C’est donc réconforté et rassuré que le millier d’enfants, qui avaient investi le jardin de l’Assemblée nationale pour la cérémonie de remise du message de ce plaidoyer, sont repartis en famille. Heureux également de pouvoir contribuer, à travers leurs actions futures, à la réalisation des nouveaux objectifs mondiaux pour l’élimination des mutilations génitales féminines d’ici à 2030.

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