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Partenariat public privé : les députés rendent le système applicable au Burkina Faso

Les députés ont voté le projet de loi portant allègement des conditions d’exécution du Programme de projets Partenariat public privé (PPP) le lundi 3 juillet 2017. La séance a été présidée par le Chef du parlement, Salifou Diallo. Une forte délégation gouvernementale était présente avec à sa tête la ministre de l’Economie, des finances et du développement, Mme Hadizatou Coulibaly/Sory. 74 votants sur 120 députés ont donné leur caution à cette loi. C’est parti donc pour la mise en œuvre de 94 projets déjà identifiés dont 38 sont déjà consignés dans ce projet de loi !

Le partenariat public-privé (PPP) est un mode de financement par lequel le gouvernement compte faire appel à des prestataires privés pour financer la réalisation de projets. Il s’agit en termes clairs d’associer plus largement le secteur privé à des projets dont la rareté des ressources empêche l’Etat d’avancer plus rapidement sur d’importants projets d’investissement. « 94 projets sont déjà identifiés et attendent le vote de cette loi pour connaitre leur début de réalisation » a indiqué la ministre de l’Economie, des finances et du développement, Mme Hadizatou Coulibaly/Sory. Il s’agit, selon le rapporteur de la Commission des finances et du budget, Issaka Congo, de « projets matures, structurants et ayant un impact immédiat sur la croissance et les conditions de vie des populations ». Cette loi, va alors permettre « de proposer un dispositif d’urgence d’entente directe pour plus de célérité dans la procédure de passation de contrats PPP relatifs aux projets nominativement arrêtés par le gouvernement ». Des projets dont la réalisation va permettre de conforter le développement au Burkina Faso mais dont le manque de ressources et les lourdeurs de procédures freinent l’élan du gouvernement » a expliqué le président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo.
Comment peut-on espérer sortir les populations burkinabè des précarités si le gouvernement doit attendre des mois voire des années de procédures pour réaliser quelque chose pour elles ? » s’est demandé la ministre Coulibaly/Sory et de s’empresser de répondre aussitôt : « un gouvernement responsable doit écouter son peuple et prendre ses responsabilités ».
Ce mode de financement est présent dans de nombreux pays sous des formes variées. Le député Kodjo Jacques Palenfo a témoigné que c’est un système nettement meilleur pour avancer. Il a pris pour exemple la réalisation d’une infrastructure routière en Côte d’Ivoire par le régime de Dramane Ouattara qui fait le bonheur du peuple ivoirien. « Cette infrastructure ne pouvait voir le jour n’eut été le recours à ce Partenariat public privé » a expliqué le député Palenfo.
Le PPP au vu des besoins d’investissements qu’a le Burkina Faso, s’avère une alternative pour une mise en œuvre efficace du Programme national de développement économique et social (PNDES). Elle a aussi expliqué que le PPP n’est pas méconnu de la communauté sous-régionale car étant en phase avec les textes au niveau international. Mme Coulibaly/Sory a ajouté que les défis d’investissements sont énormes dans les domaines social, infrastructurel, de la sécurité alimentaire, etc. si fait qu’il apparait nécessaire et judicieux de recourir au concours des privés. Une conviction partagée par le président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo, qui a invité le gouvernement à aller plus vite dans la réalisation de ces projets. Il a également demandé au gouvernement de communiquer davantage sur lesdits projets pour expliquer au peuple leur bien-fondé et surtout pour plus de transparence dans leur exécution. Avant de lever la séance, Salifou Diallo a dit aux ministres présents à cette séance : nous ne voulons plus de chiffres macroéconomiques. Nous voulons des écoles, des routes, des hôpitaux pour le peuple. A l’Assemblée, nous initierons une commission d’information pour le contrôle des actions sur le terrain ».

Encadré :
L’opposition a boycotté le vote de cette loi. Tous les groupes parlementaires se réclamant de l’opposition politique (PJRN, CDP et UPC) ont décidé de quitter l’hémicycle après l’appel nominal des députés. Sur un total de 120 présences, 46 ont immédiatement vidé l’hémicycle. Par contre, deux d’entre eux, munis de procurations sont restés pour voter ‘’Pour’’. Il s’agit des députés Rayénéwendtobou Kiemdé dit Albert Elisée et de Kodjo Jacques Palenfo, portant ainsi le nombre à 74 votants. Les frondeurs fustigent le contenu de ce projet de loi. Ils trouvent en ce texte « une porte ouverte à la corruption ». Une attitude que Salifou Diallo n’a pas manqué de critiquer : « c’est l’une des rares fois que certains de nos collègues désertent de façon concertée le champ de la bataille démocratique contradictoire. L’Assemblée c’est le haut lieu du débat contradictoire républicain et démocratique. On doit assumer ses idées, on doit assumer son programme. On ne déserte pas l’Assemblée, on ne déserte pas les débats parce que notre peuple nous a élus pour être éclairé sur les choix gouvernementaux, sur le contenu de nos lois et sur notre démarche. Il est important que ceux qui ont déserté le champ du débat démocratique contradictoire sachent que c’est au peuple qu’ils privent la possibilité d’approfondir sa connaissance. C’est déplorable qu’ils soient sortis parce que nous aurions voulu arguments contre arguments situer notre peuple sur la pertinence des choix ».

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