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Sept questions adressées au gouvernement cinq ministres interpellés par la Représentation nationale

Plénière du vendredi 04 octobre 2016, cinq (5) ministres du gouvernement Paul Kaba Thiéba étaient devant la Représentation nationale pour répondre à sept questions posées par quatre députés. Des questions ayant traits à la viabilisation des zones nouvellement loties, aux véhicules banalisée, à la maîtrise d’ouvrage délégué, aux pires forme de travail des enfants dans les mines, aux enfants vivants avec leurs mères en détention, à l’électrification rurale et à la production et ou à l’importation d’alcool frelaté au Burkina Faso.

Après des informations relative au retrait d’une loi par le gouvernement et à la reprogrammation des questions, le Président Salifou Diallo, invite les groupes parlementaires à veiller à la présence des députés aux plénière et principalement celles du vendredi consacrées aux questions au gouvernement.

Il annonce l’ordre du jour et invite le député Ousmane Dillo, à donner le contenu de la première de ses trois questions adressé au ministre de l’urbanisme et de l’habitat, relative à un projet de viabilisation des zones loties annoncé par le premier ministre dans sa déclaration de politique générale.
Le ministre Maurice Dieudonné Bonanet dans sa réponse a d’abord jeté un regard critique sur la problématique de la viabilisation des zones loties dans nos cités. En principe, un lotissement doit intégrer obligatoirement la construction de voirie et réseaux divers (VRD) ainsi que les services sociaux de base tels que des écoles, des centres de santé etc. Dans notre pays force est de reconnaitre que cette opération basique a été escamotée au profit de simple implantations parcellaires.

Cette situation poursuivra le ministre est en partie dû au fait que la viabilisation a un coût très élevé (à titre d’exemple un km de voirie aménagée coute 1 milliard 500 millions de FCFA et 1km de canaux primaires fait 1 milliard de FCFA). C’est également connu : les budgets affectés à la viabilisation ne sont pas toujours à la hauteur.
Un programme de développement urbain a annoncé le Ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme est en cours de mise en œuvre. Ce programme intègre la construction de marchés, d’abattoir moderne, de gares routières… Cependant a reconnu le ministre, la construction de la ville moderne doit être appréhendé comme un processus.
La Ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Hadizatou Rosine Coulibaly/Sory, a elle été interpellée par la député Henriette Zoumbaré sur deux questions : la première a trait au nombre de véhicules banalisés et à leur utilisation tandis que la seconde est relative au recours aux maitrises d’ouvrage délégué par l’Etat pour accompagner la réalisation des infrastructures.

Des préoccupations qui ont trouvé réponse de la part du ministre. Le gouvernement a entrepris d’auditer le fichier des immatriculations spéciales. Avec en perspective un projet de ré immatriculation du parc roulant qui devrait aboutir à de nouvelles conditions de banalisation.
S’agissant de la maitrise d’ouvrage délégué, Rosine Coulibaly/Sory dit n’avoir pas enregistré beaucoup de plainte en la matière.
Réagissant à ce dernier point, le Président de l’Assemblée national a demandé au Ministre d’être regardant pour démasquer et blacklister les entreprises ripous.
Le Ministre de la Justice, des droits humains et de la Promotion civique s’est vu adressé deux questions de la part du député Fatimata Korbéogo/Ouédraogo sur la prise en charge des enfants accompagnant leur mère en détention et sur les pires formes de travail des enfants dans les sites d’orpaillage.
En réponse et par rapport à la situation des enfants en détention avec leur mère, le ministre René Bagaro a reconnu qu’au cours de l’année 2016, 34 enfants de moins de 2 ans ont séjourné avec leur mère en prison au Burkina Faso. En dehors de la possibilité donnée aux prisonniers de faire la cuisine dans les lieux de détention et l’accompagnement d’Associations et d’ONG qui leur permet de doter ses enfants en lait et en sucre, l’Etat ne fait pratiquement pas grande chose. Aucune maison d’arrêt et de correction ne dispose de crèche. Les enfants partagent avec leurs mères la ration individuelle servie. Aussi a rappelé René Bagoro l’emprisonnement ferme n’est requis qu’en dernier recours pour la femme lorsqu’elle est en grossesse.
Concernant les pires formes de travail des enfants dans les sites d’orpaillage, le ministre de la Justice a indiqué qu’un programme national de lutte contre ce fléau est en cours de mise en œuvre. Il prévoit :
La sensibilisation des populations ;
Le retrait des enfants de ses sites ;
La répression à travers une force mixte constituée de policiers et de gendarmes.
Cependant a reconnu le ministre, des difficultés de tout ordre subsistent pour soustraire les enfants des sites d’orpaillage.
Le Président de l’Assemblée national Salifou Diallo a dit que le séjour des enfants innocents en prison tout comme l’abandon de l’école par les enfants au profit des sites d’orpaillage, sont des situations inacceptables. Aussi le président a suggéré que pour le travail des enfants, il soit fait usage de la force pour enfin éradiquer le phénomène. S’agissant de la présence des enfants en milieu carcéral, il a reconnu que la situation interpelle nos consciences. Il a instruit le ministre de voir avec son collègue des finances pour proposer un budget pour la construction de crèche dans les maisons d’arrêts que l’Assemblée va adopter pour 2017.
La dernière question appelée à la plénière était celle du député Raphaël K. Kouama sur les mesures de sensibilisation pour lutter contre la consommation de boisson frelatée par les jeunes. Une question orale avec débats.

Le Ministre du Commerce, de l’industrie et de l’Artisanat Stéphane Sanou a rappelé les précautions et les mesures prises par son département pour s’assurer que l’alcool produit et ou importé répond aux normes en vigueur. Il a par ailleurs sollicité la collaboration des députés pour aider ses services à lutter contre la fraude.
S’associant aux députés qui ont intervenu dans le débat, le président Salifou Diallo a relevé que la question est transversale et concerne plusieurs départements dont celui de la Santé. Par conséquent, il y a lieu d’interdire à la fois la production et même l’importation à grande échelle de ses produits qui déciment notre jeunesse.

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