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Le vote des Burkinabè de l’extérieur les députés donnent leur quitus

Lundi 30 juillet 2018, dernier jour de la 1ère session extraordinaire de 2018. C’est ce jour que les députés ont adopté le projet de loi portant modification de la loi n°014-2001/AN du 03 juillet 2001 portant Code électoral.

La lecture du rapport de la Commission des affaires générales, institutionnelles, et des droits humains (CAGIDH), saisie au fond, a été le premier acte majeur de la plénière. On retient après lecture dudit rapport que le projet de loi apporte des modifications à douze articles de la loi n°014-2001/AN du 03 juillet 2001 portant Code électoral. « Les différentes modifications portent sur trois points :
-  les documents d’inscription sur les listes électorales et de vote. Elle consiste à faire de la carte nationale d’identité burkinabè en vigueur au Burkina Faso et le passeport ordinaire les seules pièces servant à l’inscription sur les listes électorales et au vote.
-  la deuxième modification consiste à introduire un nouveau titre relatif à la tenue du référendum au Burkina Fas.
-  la dernière modification porte sur la mise en œuvre des dispositions relatives au vote des Burkinabè de l’extérieur ».

Les Commissions saisies pour avis ont toute donné un avis favorable à l’adoption de ce projet de loi. La plupart estime que cette loi modifiée permettra de lever les contraintes objectives d’ordre matériel, technique et procédurale qui ont toujours fait obstacle à la participation des Burkinabè de l’extérieur à la vie de la Nation, à travers les élections. La Commission du développement économique, de l’environnement et des changements climatiques (CODECC), a par ailleurs soulevé « des inquiétudes sur la désignation des ambassades et des consulats généraux comme seuls lieux de vote et la non utilisation des cartes consulaires comme documents de vote ».
Des inquiétudes partagées par les députés de l’opposition qui n’ont pas manqué de les exprimer lors du débat général. Pour eux, la non prise en compte de la carte consulaire comme document de votation est une forme d’exclusion. Représentant le gouvernement, le ministre Siméon Sawadogo, en charge des questions d’élection n’a pas partagé cet avis. Pour lui, le fait que le Burkina Faso esquisse ses premiers pas dans la prise en charge de la diaspora requiert quelque prudence d’autant que « la fiabilité de la carte consulaire n’est pas établie et qu’en plus, ce ne sont pas dans tous les pays qu’on l’a. Pour une première fois, allons doucement et travaillons à parfaire notre processus lors des exercices à venir ». Une explication qui n’a pas empêché les élus des groupes CDP, UPC et PJRN de quitter l’hémicycle. Une attitude dénoncée par le Président Alassane Bala Sakandé : « Cette politique de la chaise vide n’a jamais payé, surtout lorsqu’il s’agit de décider de l’avenir de tout un peuple. Il faut qu’on ait à l’esprit que c’est ce peuple qui nous a mandatés pour que nous soyons à cette Assemblée. C’est du fruit du labeur de ce peuple que nous sommes payés pour toutes nos sessions. Je voudrais qu’à l’avenir on puisse tenir compte de cette population qui nous mandate. Lorsqu’il s’agit des élections nous partons vers elle, nous leur promettons terre et ciel, nous promettons de les représenter en tout temps et en tous lieux ». Un peu plus loin, il a ajouté que « Certains ont dit ici vouloir parler devant les micros et les caméras. Quand vous sortez devant les hommes de médias, c’est quel message vous donnez aux burkinabè ? Je voudrais tout simplement dire également que selon les textes, s’ils vident la salle, la loi est considérée comme adoptée à l’unanimité des présents et même d’eux. Ils le savent. Pour l’histoire, ils devraient rester dans cette salle, voter ‘’contre’’ ou ‘’abstention’’. Ce sera mentionné dans les PV et nos enfants, nos petits fils verrons cela pour dire à une certaine époque, voilà ce qui a été fait. Et sur cette base, les députés qui vont venir pourront travailler également à améliorer le texte. Ce qu’ils ont fait est une fuite de responsabilité ».
Les groupes parlementaires MPP et Burkindlim ont fait une déclaration conjointe dans laquelle ils ont salué le respect de l’engagement du Chef de l’Etat à faire voter les Burkinabè de la diaspora. Ensemble, ils ont demandé à leurs députés de voter favorablement le texte à eux soumis. L’UPC-RD par la voix de son président, Daouda Simboro, n’a pas donné de consignes de vote.
Au final, tous les députés restés en salle ont donné leur « OK » pour l’adoption du projet de loi du jour.

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