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Groupes parlementaires

Vote des Burkinabè de l’extérieur : « Ce n’est ni un tabou encore moins une maladie honteuse » Pr. Albert Ouédraogo

C’est dans la Cité de Bankuy que les députés du groupe Union pour le progrès et le changement (UPC) se sont retranchés pour leurs premières journées parlementaires 2018, les 15, 16 et 17 mars derniers. Au programme : des visites de courtoisie aux responsables religieux et coutumiers de la ville de Dédougou, une conférence et une rencontre d’échanges avec les militants venus des quatre coins du Mouhoun. Le thème retenu pour ces journées a été : « Le vote des Burkinabè de l’extérieur en 2020 : contraintes et défis ». C’est le Pr. Albert Ouédraogo qui a épluché.

Aussitôt arrivés de Ouagadougou, le jeudi 15 mars, que les élus UPC se sont mis à sillonner la ville de Dédougou pour « saluer les responsables religieux et coutumiers et demander leurs bénédictions » pour une meilleures tenue de leurs activités.

Le chef de canton de Dédougou, l’Imam de la ville, le Président de l’Eglise des Assemblées de Dieu de la localité, le Vicaire général du Diocèse, ont tour à tour reçu la délégation. Conduit par le député Justin Compaoré ‘’Poé Naba’’, le groupe a expliqué aux autorités les raisons de leur présence et surtout le choix du thème retenu. En retour celles-ci leur ont prodigué des conseils et des bénédictions. Ce fut une occasion pour ces autorités de souhaiter une paix durable au Burkina Faso.

Burkindlim invite l’UPC à un sursaut patriotique

La cérémonie d’ouverture des travaux est intervenue dans la matinée du vendredi 16 mars 2018, à l’Hôtel ‘’Bon séjour’’ de Dédougou. Elle a connu la présence de nombreux invités. Le Président de l’Assemblée nationale y a été représenté par son 2ème Vice-président, Alfred Sanou. Le Président du Parti du lion, Zéphirin Diabré, y était également présent. Côté groupes parlementaires invités, c’est Halidou Sanfo qui a représenté Burkindlim. Le député Blaise Dala été envoyé par le groupe CDP. Lassina Gondé était là au nom du Groupe PJRN. Le MPP tenant ses journées au même moment à Dori n’a pas pu être représenté. Le parti du soleil levant s’est excusé à travers une correspondance.

Tous les représentants des groupes ont salué la tenue desdites journées et surtout le thème choisi. Blaise Dala et Lassina Gondé ont trouvé pertinent le thème. Pour eux, l’implication de la diaspora au vote doit être une réalité en 2020. Et pour ce faire, il faut y aller vite car les défis sont nombreux. Pour Halidou Sanfo, l’effectivité du vote des Burkinabè de l’extérieur est une ambition noble qui nécessite l’accompagnement de tous les acteurs du processus. A écouter le député Sanfo, avant l’implication des compatriotes vivant en dehors du sol burkinabè, il y a un préalable qui conditionne la tenue des élections de 2020 : la paix. Et d’appeler l’UPC à mettre la main à la pâte : « Au regard de l’impératif actuel de la paix des cœurs dans notre pays, le groupe parlementaire Burkindlim par ma voix, invite l’UPC, à un sursaut d’honneur patriotique pour opérer le pas nécessaire de la paix véritable dans notre pays ».

Expliquant le choix de ce thème, le Vice-président du groupe UPC, Justin Compaoré ‘’Poé Naba’’ a dit : « Il vous souviendra que lors de nos deuxièmes journées parlementaires de 2013 qui se sont tenues à Ouéléni, nous avions traité de cette problématique du vote des Burkinabé de l’étranger. Il s’agissait d’étudier la faisabilité de la mise en œuvre effective de la jouissance de ce droit des Burkinabè vivant hors du pays. Les députés du groupe parlementaire UPC, ont pris le pari de marquer l’histoire de notre démocratie, en apportant sa part de réflexion intellectuelle à la consolidation des acquis démocratiques. Sans trop vouloir m’attarder sur certains aspects, il s’agira pour nous, de dégager les éventuelles contraintes à la réalisation de ce défi tant attendu par nos frères vivant à l’extérieur, afin d’y apporter des solutions palliatives, pour un vote effectif de ceux-ci en 2020 ».

7,2 millions de Burkinabè attendent de pouvoir voter

La Conférence sur le thème : « Le vote des Burkinabè de l’extérieur en 2020 : contraintes et défis » a été animée par le Pr. Albert Ouédraogo. L’enseignant de Lettres a, dans son intervention, relevé trois grands défis. Il s’agit « du renouvellement du corps électoral, de l’élargissement du nombre d’électeurs et de l’approfondissement de la démocratie ». Ces défis ne peuvent être relevés, selon lui, sans une prise en compte des contraintes liées à ce vote. Il s’agira, pour lui, « de combler les insuffisances de la loi électorale et de mobiliser les ressources humaines, techniques et financières nécessaires pour la tenue de ce vote ».

Le Pr. Ouédraogo recommande donc l’expression d’une « réelle volonté politique afin d’améliorer le cadre institutionnel et social de cette opérationnalisation » et éviter du même coup, les erreurs qui ont empêché les 7,2 millions de Burkinabè de voter jusque-là. Pour le communicateur, « le vote des Burkinabè de l’extérieur n’est ni un tabou encore moins une maladie honteuse. C’est un droit garanti par la Constitution ». La présentation du professeur a donné lieu à des débats à l’issue desquels des recommandations ont été faites.
Les journées parlementaires ont été une occasion pour les militants de l’UPC, fortement mobilisés depuis le premier jour, de rencontrer les premiers responsables du parti pour échanger autour de certaines questions. Ces échanges ont eu lieu le samedi 17 mars à la cathédrale de Dédougou. Là-bas, les députés du groupe ont fait la synthèse de leurs travaux et répondu aux préoccupations des militants. Le président du parti du lion, Zéphirin Diabré, qui est resté depuis le début des journées parlementaires, a encouragé ses troupes. Il les a aussi invités à rester mobilisés pour les batailles futures.

Encadré :

RECOMMANDATIONS :
Considérant que le vote est un droit consacré par notre Constitution en son article 1er ;
Considérant que le refus de ce droit est un acte anticonstitutionnel ;
Considérant la nécessité de trouver des solutions palliatives aux différentes contraintes auxquelles peut faire face la CENI lors de la mise en œuvre effective du droit de vote des Burkinabè de l’extérieur ;
Nous, députés du groupe parlementaire Union pour le Progrès et le Changement, recommandons au gouvernement :

1. De faire de l’ONI le seul et unique opérateur chargé de constituer un fichier électoral fiable ;
De faire de la CNIB ou du Passeport, les seuls et uniques documents de vote pour les burkinabè de l’extérieur aux prochains scrutins ;

2. De transmettre avec diligence à l’Assemblée nationale, le projet de loi portant révision du code électoral, dans les plus brefs délais ;

3. De procéder à la création des ambassades et consulats dans les pays ou on note une forte présence de nos compatriotes ;
De procéder à la signature des accords avec les pays membres de la CEDEAO, afin d’accorder des facilités logistiques pour l’organisation du scrutin.

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