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15ème session de l’Union Parlementaire des Etats membres de l’OCI Discours de Son Excellence Monsieur Alassane Bala SAKANDE Président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso Ouagadougou le 29 janvier 2020

Puisse le Tout Puissant répandre sa grâce divine sur tous et nous accompagner tout au long de cette conférence que le Burkina Faso et tout le peuple burkinabè accueillent avec honneur et fierté.

En ce début d’année 2020, je voudrais adresser au nom de la représentation nationale du Burkina Faso, mes vœux de santé, de paix et de prospérité, à l’ensemble des nations qui nous ont fait l’honneur et l’amitié d’être à nos côtés à travers leurs délégations respectives.
Partagé entre le devoir de les nommer et la crainte que cela n’allonge significativement mon propos, je voudrais d’emblée leur adresser nos remerciements les plus sincères ; non pas seulement pour leur présence qui nous touche au plus profond, mais surtout pour le témoignage de solidarité et le symbole de l’engagement auxquels leur participation effective est associée.
Mais, je mettrai ma conscience à l’épreuve si je passais sous silence la présence d’éminentes personnalités dont la participation à cette session, au-delà de l’éclat particulier qu’elle apporte, confirme l’importance de l’UPCI en tant que cadre de coopération parlementaire et espace de promotion du dialogue.
Ainsi, je voudrais avec votre permission, nommer au titre des Présidents de parlements et par ordre alphabétique :

1. Son Excellence Dr. Abdullah Bin Mohammed Al Sheik, Président de la Shura du Royaume d’Arabie Saoudite ;

2. Son Excellence Monsieur Ahmad Bin Abdulla Bin Zaid AL Mahmoud, Président de la Shura du Qatar ;

3. Son Excellence Monsieur Cipriano Cassama, Président de l’Assemblée populaire de la Guinée Bissau ;

4. (Son Excellence Monsieur Issaka SIDIBE, Président de l’Assemblée nationale de la République du Mali) ;

5. Son Excellence Monsieur Mohamed Ali Houmed, Président de l’Assemblée nationale de la République de Djibouti ;

6. Son Excellence Monsieur Mohamed Mursal Sheikh Abdirahman, Président de l’Assemblée nationale de la Somalie

7. Son Excellence Monsieur Rached Kheriji Ghannouchi, Président de l’Assemblée nationale de la Tunisie

8. Son Excellence Monsieur Slimane Chenine, Président de l’Assemblée populaire nationale d’Algérie ;

9. Son Excellence Monsieur Ousséini TINNI, Président de l’Assemblée nationale de la République du Niger ;

10. Son Excellence Madame Rebecca Alitwala Kadaga, Présidente de l’Assemblée nationale de la République d’Ouganda.
Je renouvelle ma gratitude aux Chefs de délégation qui ont effectué le déplacement de Ouagadougou. Notre conférence est honorée d’accueillir au titre des invités spéciaux :
• Mme Gabriela Cueva Barron, Présidente de l’Union Interparlementaire ;
• Le Dr Yousef A. Al-Othaimeen, Secrétaire Général de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI)

Distingués délégués,
Honorables parlementaires,
Mesdames et messieurs,
Chaque conférence de notre organisation, au-delà de l’ordre du jour que nous nous fixons, constitue également une occasion de magnifier une des thématiques prioritaires qu’est le dialogue des cultures et des religions dont l’importance au sein de l’UPCI est matérialisée par le « Comité des Affaires culturelles, Juridiques et du Dialogue des Civilisations et des Religions ».
La présente session ne déroge pas à ce principe qui, du reste, fait la singularité du « Pays des Hommes intègres », une nation unie dans sa diversité ethnique, linguistique et religieuse.

J’en veux pour preuve, s’il en est besoin, la présence parmi nous cet après-midi :
-  de la chefferie coutumière ;
-  de l’Eglise catholique ;
-  de la Fédération des Eglises et Missions Evangéliques ;
-  de la Fédération des Associations islamiques du Burkina Faso.
Oui, toutes ces prestigieuses présences sont le reflet de la cohésion sociale qui a toujours existé entre les communautés burkinabè dont le désir de vivre ensemble est irréversible et inaliénable.
Aujourd’hui fiers héritiers de cette valeur ancestrale, nous avons l’obligation de la transmettre, demain, en plus forte et en plus belle, aux générations futures.
C’est pourquoi, le Chef de l’Etat burkinabè, Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, dans son message à la nation à l’occasion de la commémoration du 59ème anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance, anticipant sur les menaces contre cette légendaire cohabitation pacifique, exhortait notre peuple (je le cite), « à bannir à jamais la stigmatisation de l’autre. Nous devons combattre avec la dernière énergie toute forme de repli identitaire et de discrimination, fondée sur le genre, l’ethnie, ou la religion. […] Nous devons, sans désemparer, poursuivre la construction du dialogue social, du dialogue interreligieux, intergénérationnel, ainsi que le dialogue des cultures, indispensables à la pérennisation d’une culture de la paix. » (Fin de citation).
Distingués délégués,
Honorables parlementaires,
Mesdames et messieurs,
Je voudrais renouveler nos vifs remerciements aux 400 délégués présents à cette 15ème session.
Je ne saurais omettre de faire remarquer toutes les distinguées personnalités des institutions sous-régionales et internationales qui nous renouvellent leur confiance par cette présence effective à Ouagadougou. Il s’agit :

• De l’ASSEMBLEE PARLEMENTAIRE DE LA COOPERATION ECONOMIQUE DE LA MER NOIRE ;
• Du CONSEIL CONSULTATIF DE L’UNION DU MAGREB ARABE
• De LA CROIX ROUGE INTERNATIONALE
• Du FRONT MORO DE LIBERATION NATIONALE.
• De l’UNION INTERPARLEMENTAIRE ARABE
• DU CONSEIL COONSULTATIF DE l’UNION DU MAGREB ARABE
• De l’UNION PARLEMENTAIRE AFRICAINE

A toutes et à tous je souhaite la bienvenue et un agréable séjour dans notre capitale.
• Excellence Monsieur le Premier Ministre, représentant Son excellence Monsieur le Président du Faso ;
• Distingués Présidents de parlements et Chefs de délégations ;
• Honorables parlementaires ;
• Mesdames et Messieurs ;
La présente Conférence se tient dans un contexte mondial marqué par la flambée des violences à l’intérieur des Etats et par l’exacerbation des tensions entre les régions.
De nos jours, plus que les autres points de la planète, ce sont les populations de la bande sahélo-saharienne qui payent les conséquences de cette crise sécuritaire dont les causes leur sont pourtant étrangères.
Ce terrorisme, qui ensanglante tous les continents, occupe des territoires, massacre des femmes et des enfants, déstabilise les Etats, ce terrorisme-là ignore les frontières, méprise la vie et dévoie la religion pour propager la haine.
Mais s’il est une chose que les forces du mal oublient, c’est que nous sommes du bon côté de l’Histoire. Et l’Histoire retient toujours la victoire du bien sur le mal, la victoire des peuples sur les bandes armées, la victoire de la lumière sur les ténèbres.
Ressortissant d’un Etat membre du G5 Sahel, je suis témoin de ce que subissent les populations du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Tchad et du Burkina Faso.
Ressortissant d’un Etat membre du G5 Sahel, je suis également témoin optimiste de la résilience de nos peuples et de l’héroïsme de nos armées face aux mouvements terroristes.
Nos peuples et nos armées se battent pour que l’éleveur accède aux pâturages sans craindre de perdre ni sa vie ni ses troupeaux ; ils se battent pour que le paysan retrouve la joie des travaux champêtres ; ils se battent pour qu’aucun citoyen ne se retrouve refugié dans son propre pays ; ils se battent pour que s’arrêtent le viol et l’esclavage sexuel des femmes ; ils se battent pour que l’écolier, contraint de fuir son village retourne en classe en toute sérénité, ils se battent pour que le commerçant, le colporteur et le consommateur fréquentent les marchés ruraux dans la quiétude ; ils se battent pour que les agents publics et les élus du peuple soient dans des conditions de sécurité qui leur permettent de servir avec dévouement ; ils se battent pour un retour du quotidien paisible que les villes et villages ont toujours connu dans nos contrées.
Mais ce combat noble et juste qui est aussi celui de l’UPCI, ne saurait porter de fruits durables que dans un cadre de solidarité agissante, porté par un engagement partagé et inscrit dans une vision globale de la sécurité et de la paix.
Je ne suis pas en train de lancer un appel pour le soutien des seuls pays du Sahel ; c’est un plaidoyer pour la paix mondiale car tel un cancer, si rien n’est fait, la métastase frappe aux portes des zones encore préservées des actions terroristes. C’est dire que la mobilisation contre ce fléau, l’engagement et l’action pour son éradication, doivent être dorénavant envisagés à l’échelle mondiale qui s’impose aujourd’hui comme le niveau le plus efficace d’intervention.
En tant que parlementaires, notre rôle dans ce combat n’a besoin d’aucun argument pour être reconnu et soutenu. Le Prophète Mohmet, paix et salut sur lui, ne rappelle-t-il pas que « les croyants, dans l’amour, l’affection et la miséricorde qu’ils se portent, sont comparables à un seul corps. Lorsqu’un membre est affecté, c’est l’ensemble du corps qui ressent la douleur et s’enfièvre. »
Influençant les législations et les ressources et portant la voix du peuple dans sa diversité, nous pouvons agir sur les politiques publiques en vue de les rendre plus sensibles aux problématiques de l’heure dans leur dimension vraie.
En cela, l’UPCI en tant que cadre de coopération, déchanges et de partage nous offre un bel espace de collaboration et de convergence dans nos actions. Nous portons la voix, les préoccupations et les espoirs de plus de 1 600 000 000 de nos concitoyennes et concitoyens qui ne demandent qu’à vivre dans le meilleur des mondes possibles.

• Monsieur le Premier Ministre ;
• Distingués Présidents de parlements et Chefs de délégations ;
• Honorables parlementaires ;
• Mesdames et Messieurs ;
L’une des particularités de la présente session est qu’elle coïncide avec les 20 ans de l’UPCI. Un motif supplémentaire de satisfaction pour le Burkina Faso qui l’abrite.
D’un point de vue symbolique, 20 ans c’est l’âge de l’amorce d’un nouveau palier dans la vie : le palier de la maturité, mais aussi le palier de nouveaux défis et de nouvelles perspectives.
Ouagadougou nous offre l’opportunité donc de nous pencher sur le nouvel horizon de notre organisation.
Cet horizon, à mon sens, dégage une lueur annonciatrice d’espoir si nous acceptons enfin renoncer un tant soit peu à nos égos et regarder dans la même direction, la direction de la paix et du dialogue.
Cet horizon est plein d’espoir si nous acceptons engager des réformes au sein de notre organisation pour la rendre plus dynamique et plus vivace. Un dynamisme et une vivacité en parfaite articulation avec ses 20 ans. « La chose importante à garder en tête, prévient Anne Franck, est qu’il ne faut jamais attendre une minute pour commencer à changer ».
Cela m’amène à évoquer la question du Fonds de solidarité dont on parle depuis déjà plusieurs réunions, mais qui se fait timide quant à son opérationnalisation.
Je serais heureux si ce Fonds pouvait officiellement être mis en place durant cette 15ème session. Du reste, sa mise en place au vingtième anniversaire de notre organisation sera un symbole fort de notre volonté d’amorcer de nouvelles perspectives pour notre organisation.
A ce titre, l’Assemblée nationale du Burkina Faso est prête à porter l’initiative avec d’autres parlements volontaires, de la proposition des textes préliminaires de cet instrument.
Toujours au titre des réformes, je voudrais rappeler ici les propositions du Président de la 14ème Conférence, SEM Habib El Melki, Président de la chambre des représentants du Maroc, relatives au renforcement du cadre de travail des comités spécialisés entre deux sessions de la conférence. Il s’agit également de renforcer le suivi évaluation des effets et impacts de nos actions sur les politiques publiques et sur la scène internationale.
• Distingués Présidents de parlements et Chefs de délégations ;
• Honorables parlementaires ;
• Mesdames et Messieurs ;
Il y a de cela 20 ans, les pères fondateurs de l’UPCI ont eu raison de poser les jalons de ce qui nous rassemble aujourd’hui ; il nous appartient de suivre leurs pas en renforçant cette union. L’UPCI se doit d’affirmer sa légitimité moins par les discours que par les actes concrets.
Avec 54 Etats membres, nous constituons la deuxième plus grande organisation après l’ONU. Mais si en termes numériques, l’UPCI peut s’enorgueillir d’être un géant, force est de constater que jusque-là elle ne pèse pas du poids économique, politique et diplomatique que lui confère son envergure. Il nous faut donc impérativement et incessamment mettre fin à ce paradoxe en allant à la conquête de la véritable place qui lui revient sur l’échiquier mondial. Pour ce faire, nous devons savoir, quand il le faut, mettre fin à nos égoïsmes nationaux, renforcer la coopération entre nos Etats, et faire de notre diversité une richesse commune.
Aussi convient-il de faire de l’esprit de solidarité la chose la mieux partagée dans la Oumma.
C’est à ce prix que nous parviendrons à élever l’UPCI au rang de puissance économique, politique et diplomatique à même de trouver des solutions négociées aux conflits et autres tensions qui déchirent le monde.

• Monsieur le Premier Ministre,
• Distingués Présidents de parlements et Chefs de délégations ;
• Honorables parlementaires ;
• Mesdames et messieurs ;
Les populations que nous représentons sont en majorité jeunes. Environ 900 millions de personnes ont moins de 24 ans et sont confrontées à quatre défis majeurs : l’éducation, l’emploi, la mobilité et l’inclusion sociale et la santé mentale selon un rapport de l’Organisation de la conférence islamique publié en 2015. « L’état actuel de la situation dans la majorité des pays de l’OCI, révèle qu’une partie importante de la population jeune reste inactive et ceux qui cherchent activement un emploi rencontrent de sérieux défis sur le marché » résume ledit rapport.
Autant dire que les jeunes, au même titre que les femmes, restent les grands oubliés des politiques publiques dans nombre d’Etats de l’UPCI. La jeunesse, dit-on, c’est l’avenir de toute nation. Mais une jeunesse désœuvrée, abandonnée, méprisée, malmenée, constitue une force tellurique à laquelle aucun pouvoir ne peut résister car quand les jeunes sont mécontents de leurs dirigeants, ils s’attroupent, et quand ils s’attroupent, ils s’insurgent. L’actualité politique et sociale récente du monde est si édifiante que j’aurais mauvaise grâce à insister. Je ne joue pas à faire peur mais je me rends à l’évidence et je me réjouis que cette 15ème session ait décidé de placer ses travaux sous le thème général et pertinent à savoir : « les jeunes, l’avenir de l’UPCI ».

• Distingués Présidents de parlements et chefs de délégations ;
• Honorables parlementaires ;
• Mesdames et messieurs les participants ;
Au moment où je prends le témoin de la présidence de notre institution, je voudrais rendre un vibrant hommage à mon prédécesseur Son Excellence Monsieur Habib El Melki pour le formidable travail abattu sous son mandat. Je citerai, entre autres actions, l’organisation, sur son initiative, de la troisième réunion extraordinaire du comité exécutif et son soutien à l’institutionnalisation des réunions des commissions, ce qui a apporté un regain de dynamisme à l’UPCI.
Certes, il vient de se libérer d’une charge, mais qu’il sache qu’au regard de son expérience et de sa connaissance des dossiers, une autre charge lui incombe désormais : celle de guider mes pas. Je prie donc son représentant de le prévenir qu’il est parti sans être parti.
Le programme de travail de notre conférence prévoit des échanges au cours desquels nous reviendrons, j’en suis convaincu, sur l’avenir de l’UPCI. Aussi voudrais-je réitérer notre profonde reconnaissance à toutes les délégations pour avoir honoré de leur présence, la présente conférence.
Je formule le vœu que le Tout puissant nous accorde sa grâce afin que nous sortions de cette session plus unis et plus forts face aux défis de l’heure.
Vive l’Union parlementaire des Etats membres de l’Organisation de la coopération Islamique.
Vive la coopération Islamique
Dieu bénisse la Oumma
Dieu bénisse le Burkina Faso
Je vous remercie
Tank you
Shoukran

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