Burkina Faso
Unité - Progrès - Justice

Hémicycle  >>   Comptes rendus analytiques

COMPTE RENDU ANALYTIQUE DE LA SEANCE PLENIERE DU VENDREDI 29 OCTOBRE 2021

Ordre du jour : Quatre questions orales avec débat des députés POUBERE SOUGRINOMA, GONDE Lansina, YE Bongnessan Arsène et OUEDRAOGO Félicité, toutes adressées au ministre de la Santé.

Président de séance :
Monsieur Nestor Batio BASSIERE
Vice-président de l’Assemblée nationale

Secrétaires de séance :
-  Monsieur Blaise DALA
Septième Secrétaire parlementaire
-  Monsieur Lansina GONDE
Dixième Secrétaire parlementaire

Ordre du jour : Quatre questions orales avec débat des députés POUBERE SOUGRINOMA, GONDE Lansina, YE Bongnessan Arsène et OUEDRAOGO Félicité, toutes adressées au ministre de la Santé.

La séance plénière du vendredi 29 octobre 2021 s’est ouverte à 16 heures 01 minute.

1. Le quorum :
La vérification des présences a donné le quorum suivant :

-  Absents excusés : 50
-  Absents non excusés : 04
-  Députés présents : 73
-  Procurations : 13
-  Votants : 86

2. Les annonces

Le compte rendu analytique de la séance plénière du jeudi 26 octobre 2021, mis à la disposition des députés, a été adopté.

En outre, la plénière a décidé que les quatre questions orales avec débat, adressées au ministre de la Santé, fassent l’objet d’un débat unique.

3. Le contenu des quatre questions orales avec débat

3.1. La question du député POUBERE Sougrinoma

La question était relative au plan prévisionnel du ministère de la Santé pour le recrutement et l’affectation des médecins formés par les universités publiques et privées, ainsi que les écoles privées de santé et portait sur les points suivants :

-  le plan prévisionnel de recrutement et d’affectation des médecins, au regard de leur nombre de plus en plus croissant ;
-  les solutions envisagées en cas d’absence de médecins dans les hôpitaux publics au profit des cliniques ;
-  le mécanisme de contrôle de qualité, des formations et de la conformité des écoles privées de santé au Burkina Faso.

3.2. La question du député GONDE Lansina

La question concernait les mesures envisagées par le ministère de la Santé pour mettre l’hôpital publique burkinabè aux normes, en termes d’infrastructures et d’équipements, d’accessibilité et de qualité des soins et portait sur les volets suivants :

-  les mesures envisagées par le ministère de la santé pour améliorer la qualité, ainsi que la capacité des infrastructures sanitaires, surtout dans le Grand ouest ;
-  les mesures prises par l’Etat pour répondre aux préoccupations des établissements de santé en matériel et équipement.

3.3. La question du député YE Arsène Bongnessan

La question avait trait à la Politique nationale de transformation des Centres de Santé et de Promotion sociale (CSPS) en Centres médicaux (CM) et des CM en Centres médicaux avec Antennes chirurgicales (CMA) à travers la mise en œuvre de cette politique nationale, ainsi que les perspectives à court et moyen termes.

3.4. La question du député OUEDRAOGO Félicité

La question était relative à la construction de l’hôpital de référence de Bobo- Dioulasso à travers les points suivants :

-  les différentes étapes de construction de cet hôpital et son délai d’exécution ;
-  les sources de financement de la construction de cet hôpital.

4. Le débat général

4.1. Les questions et les préoccupations de la plénière

L’essentiel des préoccupations posées par les députés a porté sur les points suivants :

-  la date de démarrage effectif des travaux de construction de l’hôpital de référence de Bobo-Dioulasso, ainsi que le délai indicatif de finalisation de sa construction ;
-  la restructuration de l’hôpital Souro Sanou de Bobo-Dioulasso ;
-  l’état des lieux de la pharmacie hospitalière ;
-  l’état déplorable des infrastructures sanitaires, le manque de dispositif sanitaire, la qualité des matériaux médicotechniques, ainsi que le renforcement du plateau technique des hôpitaux ;
-  l’employabilité des médecins au chômage ;
-  l’insuffisance de médecins légistes et le plan stratégique entrepris en vue de leur recrutement dans les infrastructures sanitaires ;
-  le nombre insuffisant de psychologues au Burkina Faso ;
-  la création des centres de formation en santé ;
-  les absences de médecins dans les hôpitaux au profit des cliniques ;
-  le coût élevé du traitement dans les structures privées ;
-  la transformation des CSPS en CM et la complexité du non fonctionnement des CSPS déjà construits ;
-  l’impact de l’insécurité sur l’accès aux soins sanitaires et le manque de personnel ;
-  la situation des centres de dialyse.

(A la suite des préoccupations posées par les députés, la séance a été suspendue à 18 heures 45 minutes pour permettre au ministre de préparer les éléments de réponse. La séance a été reprise à 19 heures 08 minutes).

4.2. Les réponses du gouvernement

Sur la construction de l’hôpital de référence de Bobo-Dioulasso, Monsieur Charlemagne Marie Ragnag-Newende OUEDRAOGO, ministre de la Santé, a indiqué qu’une entreprise étrangère est déjà sélectionnée, mais pour des raisons sanitaires, les travailleurs doivent respecter un temps de confinement avant de se rendre sur le terrain. Néanmoins, le délai imparti de 36 mois sera respecté avec un démarrage au premier trimestre de l’année 2022.

Concernant le CHU de Bobo-Dioulasso, plusieurs visites ont été effectuées dans cet hôpital, afin de mesurer les difficultés et voir comment renforcer l’existant, en attendant la réalisation de nouvelles infrastructures.

Pour la pharmacie hospitalière, elle est prise en compte dans le plan d’urgence. La collaboration, avec la Centrale d’Achat des Médicaments essentiels génériques et des consommables médicaux (CAMEG) et les autres grossistes, permettra de disposer de produits et de médicaments, sur place à l’intérieur des hôpitaux. Aussi, un accent sera mis sur l’eau, l’hygiène et l’assainissement.

S’agissant du diagnostic déplorable des infrastructures sanitaires, il est prévu de traiter la question, non seulement dans le plan d’urgence, mais aussi dans le budget 2022, avec la mise à disposition de trois Imageries par Résonance magnétique (IRM) pour satisfaire la demande à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou. Quant aux autres formations sanitaires, il est prévu, dans les six prochains mois, que tous les CHR puissent avoir au minimum un scanneur et permettre aux praticiens de travailler avec ces outils pour améliorer le diagnostic. Au niveau du CHU de Tengandogo, des initiatives ont été prises et la commande est en cours.

A propos des ressources humaines, une initiative a été prise par le Président du Faso pour former des médecins spécialistes chaque année. Aussi, le recrutement des médecins se fait sans contingentement, sauf qu’en 2020, suite à des régulations budgétaires dues à la crise sanitaire, le nombre de postes a été réduit. Néanmoins, un plaidoyer est en cours pour recruter des médecins en masse.

Par rapport aux médecins légistes, il convient de préciser que le Burkina n’a qu’un seul professeur agrégé en médecine légale. Cependant, certains médecins se sont formés à leurs propres frais et exercent en tant que médecins généralistes et non dans leur spécialité. Aussi, un processus de plaidoyer est en cours pour leur reclassement dans leur spécialité.

La question de psychiatrie est sensible et très importante, mais il n’y a pas assez de spécialistes dans ce domaine. Il y a au total 13 psychiatres et 35 attachés en santé mentale. C’est ainsi qu’une priorité sera accordée à ce domaine avec la construction d’une école privée pour former des psychologues et des personnes qui vont apporter des soutiens en santé mentale, surtout dans les régions à défis sécuritaire.

En ce qui concerne l’Ecole nationale de Santé publique (ENSP), il s’agit d’un établissement public avec un conseil d’administration à sa tête qui fait des recettes et a planifié la construction de différentes structures de formation sanitaires dans les régions. De plus, le ministère de la Santé a prévu un appui à cette initiative pour un montant de 750 millions de F CFA jusqu’en 2023.

Au sujet des absences de médecins dans les hôpitaux, c’est un problème chronique et des procédures ont été engagées pour réguler cela. Il existe déjà un certain nombre de dispositions dans la fonction publique hospitalière, mais d’autres sont en cours d’élaboration pour recadrer ce phénomène.

Pour ce qui est du coût élevé du traitement dans les structures privées, un travail sur la nomenclature des actes est en cours au ministère de la Santé avec la tarification qui a commencé pour l’intérêt de la couverture de l’assurance maladie universelle.

La transformation des CSPS en centres médicaux vise à permettre d’améliorer la qualité des soins et de contribuer au rapprochement des populations aux soins médicaux. Quant aux CSPS construits et non équipés, les problèmes sont multiformes. En effet, pour certains CSPS, il est question de ressources humaines et au fur et à mesure que des personnels sont recrutés, ils sont déployés dans ces infrastructures. En outre, depuis janvier 2021, il est poursuivi une dynamique d’ouverture et d’inauguration de CSPS et de centres médicaux qui sont terminés et qui n’avaient pas encore été ouverts par manque de personnel et d’équipement.

Sur l’impact de l’insécurité sur le système de santé, la situation est difficile et à l’instar d’autres secteurs, il a été fortement ébranlé par la crise sécuritaire avec un certain nombre de conséquences, notamment des perturbations sur la fonctionnalité des formations sanitaires dans certaines zones. Il s’agit, entre autres :

-  de cas de décès d’agents de santé dans le Sahel ;
-  de cas d’enlèvement d’agents avec libération au Centre nord ;
-  de la fermeture de 87 formations sanitaires, soient 3% des 2 926 CSPS du pays ;
-  d’une dizaine d’ambulances tricycles retirées ;
-  de 5 ambulances retirées ;
-  de pertes de produits et biens de services ;
-  d’utilisation quasi impossible des logistiques immatriculées de l’Etat.

Enfin, concernant les centres de dialyse, il faut noter qu’en 2021, environ 3 milliards 500 millions de F CFA ont été alloués pour apporter une subvention à la dialyse au Burkina Faso. Il a également été inscrit 5 milliards 500 millions de F CFA pour l’année 2022, afin de répondre aux besoins des malades sans cesse croissants dans ce secteur. La dynamique est en croissance pour l’offre des services de dialyse dans les différents hôpitaux de référence. Toutefois, les populations sont invitées à prendre régulièrement leur tension artérielle et leur glycémie qui sont provocateurs de la maladie.

La prochaine séance plénière est prévue pour le mardi 2 novembre 2021 à 16 heures et sera consacrée à deux questions orales avec débat, adressées au ministre en charge de l’Education nationale.

La séance plénière a pris fin à 19 heures 59 minutes.

Le Président de séance

Batio Nestor BASSIERE
Vice-président de l’Assemblée nationale
Le Secrétaire de séance

Lansina GONDE
Dixième Secrétaire parlementaire

A lire également :