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COMPTE RENDU ANALYTIQUE DE LA SEANCE PLENIERE DU MARDI 07 DECEMBRE 2021

Ordre du jour : Question orale avec débat du député OUATTARA Lassina, adressée au Premier ministre, Chef du gouvernement.

Président de séance :
Monsieur Batio Nestor BASSIERE
Vice-président de l’Assemblée nationale

Secrétaires de séance :
-  Monsieur Adama SANOU
Cinquième Secrétaire parlementaire
-  Monsieur Lansina GONDE
Dixième Secrétaire parlementaire

Ordre du jour : Question orale avec débat du député OUATTARA Lassina, adressée au Premier ministre, Chef du gouvernement.
La séance plénière du mardi 07 décembre 2021 s’est ouverte à 16 heures 03 minutes.

1. Le quorum
La vérification des présences a donné le quorum suivant :

-  absents excusés : 47
-  absents non excusés : 08
-  députés présents : 72
-  procurations : 14
-  votants : 86

2. La question orale avec débat du député OUATTARA Lassina, adressée au Premier ministre

2.1. Le contenu de la question
La question portait sur l’engagement du gouvernement par rapport au programme de construction et de réhabilitation des infrastructures socio-économiques du Grand Ouest.

2.2. Le débat général

2.2.1. Les questions et les préoccupations de la plénière
Les préoccupations de la plénière ont porté essentiellement sur :
-  les autres zones concernées par les unités de transformation du coton ;
-  les délais d’exécution des travaux ;
-  le sentiment d’injustice envers la population de Bobo-Dioulasso ;
-  la fermeture des entreprises au niveau de Bobo-Dioulasso ;
-  la promesse de réhabilitation de l’aéroport de Bobo-Dioulasso ;
-  la délocalisation de la Société nouvelle Huilerie Savonnerie (SN-Citec) dans les zones de production et la mévente des produits de la Société africaine de Pneumatiques (SAP Olympic) ;
-  l’impact de la fermeture des frontières sur la réalisation des projets ;
-  le taux actuel d’industrialisation du pays ;
-  la réalisation de pôles de croissance dans la Région des Cascades ;
-  les difficultés de financement de la Minoterie du Faso (MINOFA).

2.2.2. Les réponses du gouvernement
Sur les autres zones concernées par les unités de transformation du coton, Monsieur Lassané KABORE, ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, a dit qu’après Bobo-Dioulasso, il y aura Koudougou avec Faso Fani et la Région de l’Est. Les investissements et la gestion seront confiés au secteur privé et l’Etat interviendra pour les accompagner à l’exemple de Faso Fani. C’est le privé qui l’avait transformé en Fasotex, mais n’a jamais fonctionné, avec tous les problèmes possibles. Pour reprendre Faso Fani, il a fallu que le gouvernement le rachète à 1 milliard 800 millions de francs CFA et les études ont déjà été faites pour bâtir une nouvelle société. Mais il est souhaitable qu’il soit confié à des privés leaders car ce n’est pas le rôle de l’Etat de créer des sociétés. L’Etat doit accompagner et faciliter ces sociétés.

Par rapport aux délais d’exécution des travaux, il faut savoir que dans l’investissement des entreprises, il y a toujours du succès et des échecs, mais la volonté y est. Une étude a été faite sur le terrain et les différents acteurs seront accompagnés pour la reprise de leurs activités. Le gouvernement a financé, à travers le Fonds burkinabè de développement économique, des structures qui ont eu un retard d’un an avant d’avoir leurs infrastructures commandées, à cause de la COVID-19. Il y a des impondérables qui font qu’il y a des retards souvent, mais des mesures seront prises pour accélérer les travaux.

En ce qui concerne le sentiment d’injustice, il existe un peu partout. Quand Bobo-Dioulasso se dit oubliée par le gouvernement, autant d’autres villes le diront également. Au contraire, il faudra cultiver l’esprit de solidarité, surtout en cette période difficile que traverse le pays. C’est l’occasion plutôt de demander à chaque citoyen, particulièrement aux élus, sachant les réalités du gouvernement, d’éclairer les populations, afin qu’elles comprennent mieux.

Pour ce qui est de la fermeture des entreprises au niveau de Bobo-Dioulasso, il faut noter que des mesures de sauvegarde ont été prises pour empêcher cela, à travers des instruments tel le Fonds burkinabè de développement économique qui intervient à coût de milliards de francs CFA. Malgré les difficultés rencontrées, un engagement a été pris par le gouvernement pour éviter que les industries ne se ferment. Ainsi, des sociétés en difficulté ont été exonérées du payement des impôts.

S’agissant de la réhabilitation de l’aéroport de Bobo-Dioulasso, il faut noter que plusieurs options avaient été prises et dont la première visait à le privatiser, mais cela a connu plusieurs difficultés. Aujourd’hui, le projet de l’aéroport de Donsin est inscrit dans le cadre d’un partenariat public-privé. Pour les deux aéroports qui restent, des études sont en cours et l’idée est de faire de celui de Bobo-Dioulasso, un aéroport secondaire et aussi développer les vols intérieurs pour le renforcement d’Air Burkina. Plusieurs milliards de francs CFA ont été mobilisés par le gouvernement pour permettre de relancer la compagnie.

A propos de la délocalisation de la SN-Citec, il est souhaitable qu’elle soit implantée dans les zones où il y a plus de besoins. Cependant, il est indiqué de travailler à la décentraliser, plutôt que de la délocaliser. Il faudra donc tenir compte des zones à potentialité de production cotonnière. Quant à SAP Olympic, elle est en difficulté et des mesures sont prises pour qu’elle se relève.

Au sujet de la fermeture des frontières, il y a un impact sur l’ensemble des structures. Elle a renchéri le coût des matières premières, ainsi que du transport et a également joué sur la compétitivité des entreprises. C’est pourquoi, le gouvernement a ajusté certains instruments pour mieux accompagner les entreprises en difficulté. C’est l’exemple du Fonds COVID. Il est accordé aux moyennes entreprises, un taux de 4% et aux petites entreprises 3,5%. Cela se fait en tenant compte des difficultés rencontrées.

Concernant le taux d’industrialisation, il était de 12 % en 2015 et l’ambition du gouvernement est de le relever à 25%. Mais, il ne faudra pas se focaliser uniquement sur l’industrialisation ; il est important de travailler également à ce que le Burkina puisse devenir un pays de service.

Pour la réalisation de pôles de croissance dans la Région des Cascades, il s’agit d’un projet en cours d’exécution. Mais, on observe un retard dans la réalisation des pôles de croissance prévus dans les régions des Cascades, du Sahel et de l’Est.

Quant à la MINOFA, l’objectif était de la confier à un privé qui devait venir rapidement de l’extérieur en vue d’apporter les fonds de roulement et de finaliser le reste des investissements. Mais la crise sanitaire n’a pas permis à ce projet de voir le jour. Par conséquent, des discussions sont en cours avec le ministère en charge de l’industrie pour voir dans quelle mesure le Fonds burkinabè de développement économique pourrait accompagner la MINOFA, en attendant de la confier à un partenaire privé.

La prochaine séance plénière est annoncée pour le mardi 14 décembre 2021 à 10 heures, conformément à l’ordre du jour de la session.

La séance plénière a pris fin à 18 heures 07 minutes.

Ouagadougou, le 08 décembre 2021.

Le Président de séance

Batio Nestor BASSIERE
Vice-président de l’Assemblée nationale
Le Secrétaire de séance

Lansina GONDE
Dixième Secrétaire parlementaire

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