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Lutte contre l’insécurité : Des recommandations et du cash pour les FDS

Ouverte le 12 septembre dernier, la deuxième session extraordinaire de l’année 2018 a été close ce jour lundi 24 septembre 2018. Le coup de maillet final de cette session a été donné par le Président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé. C’était en présence du chef du Gouvernement, Paul Kaba Thiéba, de ministres et d’éminentes personnalités de la hiérarchie militaire.

On retient qu’au cours de ces 13 jours de travaux, les députés se sont essentiellement planchés sur des auditions de ministres et de la hiérarchie militaire en vue de produire un rapport et des recommandations (lire encadré). Ce document, qui a été lu au cours de cette dernière plénière, sera transmis au Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, foi de l’occupant du perchoir du Parlement. Aussi, pour un suivi efficace de la mise en œuvre des recommandations, le Président Sakandé a annoncé la constitution d’un Comité de suivi qui sera le lien entre le gouvernement et l’Assemblée nationale.
Avant de se séparer, les élus nationaux ont décidé de céder chacun un million (1 000 000) de francs CFA de leurs émoluments pour aider les Forces de défense et de sécurité dans leur croisade contre le terrorisme. Cette information a été donnée par Bala Sakandé lors d’un point de presse tenu immédiatement après la clôture de la session.
Encadré :
Les recommandations
A l’issue des auditions et des débats, l’Assemblée nationale a formulé les recommandations suivantes :
1. Accélérer la relecture de la loi sur la politique nationale de défense et les réformes de l’armée ;
2. Adopter un plan d’urgence de soutien aux armées prenant en compte les motivations, les renseignements et un recrutement exceptionnel massif et rapide d’un contingent en 2018 ;
3. Accélérer l’application de la loi n°062-2015/CNT portant statut de pupille de la nation afin de rendre plus efficaces les mécanismes de prise en charge des victimes et leurs familles ;
4. Appliquer les dispositions de la loi de programmation militaire et en assurer le respect par la mise en œuvre effective de la programmation budgétaire annuelles ;
5. Renforcer le dispositif de défense et de sécurité le long des frontières ;
6. Réintroduire la formation militaire dans le Service national de développement ;
7. Mettre en place un organe autonome doté d’une personnalité morale et d’une autonomie financière pour gérer le Plan d’urgence pour le sahel (PUS) pour une meilleure coordination des actions. Cet organe aura un siège au Sahel.
En outre, étendre le plan d’Urgence aux différentes zones touchées.

8. Opérationnaliser l’Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM) ;
9. Mobiliser des ressources exceptionnelles pour le financement des mesures d’urgences à travers entres autres :
• Un élargissement de l’assiette fiscale ;
• Un appel à souscription populaire pour soutenir l’effort de lutte contre le terrorisme et l’insécurité ;
• Une initiation des Travaux d’intérêt commun (TIC) pour clôturer les brigades de gendarmerie et les commissariats de police ;

10. Relire la loi n°032-2003/AN du 31 juillet 2003 sur la police de proximité afin d’encadrer les initiatives locales de sécurité (ILS) notamment, les Koglwéogo, les Dozos et les Rougas ;
11. Mettre à contribution les autorités coutumières et religieuses dans la lutte contre les prêches radicaux et l’extrémisme violent ;
12. Relire le décret portant évacuation sanitaire des malades afin d’instaurer un régime dérogatoire à la procédure classique en ce qui concerne les FDS blessés sur le théâtre des opérations ;
13. Mettre en place des mécanismes de protection des fonctionnaires et des élus locaux dans les zones touchées ;
14. L’Assemblée nationale prendra des mesures nécessaires pour le suivi de la mise en œuvre des recommandations ci-dessus.

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