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Quota genre : relire la loi pour enrayer sa mauvaise interprétation

Il s’est ouvert ce mardi 16 octobre 2018, à la salle de réunion de la Direction générale de la coopération (DGCOOP), un atelier de réflexion sur la loi portant fixation du quota genre aux élections législatives et municipales. Organisée par le Caucus genre de l’Assemblée nationale, cette rencontre réunit divers acteurs du monde politique, des organisations de la société civile (OSC), des administratifs, etc. Cet atelier vise à examiner le texte de loi en vigueur pour faire de nouvelles recommandations en vue de sa relecture. C’est le 1er Vice-Président de l’Assemblée nationale, Me Bénéwendé Stanislas Sankara qui a ouvert les travaux.

Au Burkina Faso, des progrès ont été accomplis en matière d’égalité des sexes dans le cadre du développement. Mieux, la politique genre du gouvernement ainsi que l’action quotidienne des OSC montrent que le Pays des Hommes intègres respecte le genre. Le vote de la loi sur le quota genre en 2009 a donné tout le confort aux acteurs de prendre en compte le genre dans les décisions. Mieux, cette loi permet de booster et d’accroître la représentativité du sexe défavorisé sur les listes électorales au moins 30%. Hélas, la mise en œuvre de cette loi s’avère difficile à l’épreuve du terrain. A l’ouverture de l’atelier de ce mercredi 16 octobre, la Coordonnatrice du caucus genre de l’Assemblée nationale, Worokia Rouamba a donné des chiffres peu encourageants. Selon elle, « aux élections de 2012, des obstacles majeurs ont été observés tant au niveau de l’interprétation du quota des 30% que sur le positionnement des femmes sur les listes des candidatures. Conséquence : seulement 19% des femmes ont été élus députés en 2012. En 2015, c’était un peu moins : 11% ».
Opérer des réajustements positifs
La situation de la mise en œuvre de la loi sur le quota genre au Burkina Faso est donc peu reluisante. Une réalité reconnue par les intervenants à l’ouverture de l’atelier, comme la Secrétaire d’Etat auprès du ministère en charge de la femme, Yvette Dembélé. Elle souhaite alors que des conclusions pertinentes sortent de cette journée de réflexion à même d’enrichir la loi lors de la relecture. Une idée que ne boude pas le 1er Vice-Président de l’Assemblée nationale, Me Bénéwendé Stanislas Sankara, lorsqu’il dit que « cet atelier est le bienvenu car cela vous donnera l’occasion de passer en revue les difficultés déjà rencontrées afin de trouver des solutions adaptées ». Pour lui, c’est dans les efforts conjugués des différents acteurs de la vie politique et sociale que l’on aboutira à des résultats probants dans la lutte contre les inégalités sociales dans notre pays.
L’atelier prévoit deux communications dont les thèmes sont : « La loi portant fixation de quota aux élections législatives et municipales dans son format actuel » et « Le processus de relecture de la loi portant fixation de quota aux élections législatives et municipales ». Cet atelier est rendu possible grâce à l’accompagnement du ministère en charge de la Femme et l’UNICEF.

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