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Discours de Son Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, parrain de la 15e édition du SIAO, a l’occasion de la cérémonie d’ouverture du SIAO 2018

-  Excellence Monsieur le Président du Faso ;
-  Son Excellence la Très Honorable Julie Payette, Gouverneure Générale du Canada et Commandante en chef des armées canadienne ;
-  Excellence Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs du Burkina Faso à l’étranger ;
-  Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;
-  Mesdames et Messieurs les représentants du corps diplomatique ;
-  Mesdames et Messieurs les représentants des organisations internationales, régionales et sous régionales ;
-  Monsieur le Directeur Général du SIAO ;
-  Mesdames et Messieurs de la presse ;
-  Mesdames et Messieurs les acheteurs et visiteurs professionnels ;
-  Chers artisans ;
-  Distingués et honorables invités ;
-  Mesdames et Messieurs ;

« J’observais leurs gestes, je regardais la manière dont ils utilisaient leurs outils. Cet univers des petits métiers me procurait un véritable sentiment d’évasion et me faisait oublier ce climat d’enfermement qui régnait sur l’autre partie de la rue. Avec eux, j’ai appris que l’artisan sait toujours où il va, il sait comment il va produire son objet ».
C’est le souvenir de ces mots de Pierre Soulages qui me revient à l’esprit à chaque fois que je contemple le chef-d’œuvre de la potière de Tchériba ou du pays sénoufo, du bronzier de Yonksin, de la teinturière baoulé, du piqueur en maroquinerie touareg, du sculpteur bamiléké, du cornetier malgache, du vannier maghrébin, et j’en oublie.
A chaque fois que mon regard se pose sur une œuvre d’art, je ne cesse d’être fasciné par la magie de ce savoir-faire traditionnel capable de donner vie, forme, expression et beauté à toute matière.
C’est pourquoi en cette cérémonie et du haut de cette tribune je voudrai exprimer mon admiration et mon estime à toutes ces femmes et à tous ces hommes dont le fruit de l’imagination nous permettent d’apprécier le génie créateur de la civilisation africaine.
C’est pour rendre un vibrant hommage aux acteurs du secteur de l’artisanat en Afrique, deuxième pourvoyeur d’emplois après celui de l’agriculture et de l’élevage, contribuant pour environ 20% au produit intérieur brut de nos pays, que j’ai accepté avec bonheur d’associer l’image de l’Assemblée nationale à la 15ème édition du Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou (SIAO).
Cadre par excellence de la valorisation de l’artisanat sous toutes ses formes, cette biennale a su s’imposer au fil du temps comme le plus grand Salon africain où sont exposés des objets d’art et de culture et dont la notoriété et le niveau de professionnalisation font la fierté et l’admiration de notre pays.
A tous les artisans illustres ou anonymes de cette fabuleuse aventure j’exprime, au nom du Parlement, ma profonde reconnaissance.
Parrain de la présente édition, je saisis cette opportunité pour sacrifier à un devoir de mémoire en rendant un hommage mérité à tous ceux qui sont à l’origine de ce rendez-vous bisannuel.
Je pense particulièrement au Président Thomas SANKARA à qui se rattache l’initiative du SIAO mais dont il ne sera jamais le témoin.
Le fait que jusque-là rien ne soit associé à son nom est une ingratitude mémorielle qui doit cesser. Afin de nous réconcilier avec notre Histoire, j’exhorte le commissariat général du SIAO à faire en sorte qu’à partir de la prochaine édition, le « Pavillon de la créativité » lui soit dédié de même qu’un Prix spécial.
Ce « Prix Thomas Sankara » devra récompenser l’œuvre d’art dont l’originalité tiendra à la fois du génie créateur et de l’esprit panafricaniste de son auteur.
Pour ce faire, l’Assemblée nationale est disposée à accompagner le SIAO par l’institutionnalisation d’une ligne budgétaire consacrée au financement dudit Prix.
Mesdames et Messieurs ;
Braves artisanes et artisans,
En plaçant la 15ème édition du SIAO sous le thème « Artisanat africain, exigences du marché et développement technologique », les organisateurs donnent ici un signal fort sur la nécessaire prise en compte des normes internationales et des nouvelles technologies dans la production artisanale et la conquête des marchés.
Pour être compétitif à l’échelle mondiale, il est impératif que toutes les filières artisanales fassent un recours constant, sans pour autant perdre leur identité, aux structures et actions nouvelles les mieux conformes aux temps nouveaux dans lesquels nous vivons.
L’art africain se pliera à cette exigence ou ne sera pas dans les siècles à venir.
Excellence Monsieur le Président du Faso ;
Honorables invités.
Le secteur de l’artisanat en Afrique, quoique riche et diversifié, doit se libérer de l’ornière de l’informel et de certaines pesanteurs socio-culturelles dans lesquelles il semble s’être enfermé. Asphyxié par la reproduction sociale, dont l’un des inconvénients majeurs est d’entretenir l’immobilisme intergénérationnel et le conservatisme parfois aveugle, il peine encore à valoriser tout le potentiel dont il regorge.
Honorables invités,
Braves artisanes et artisans,
A l’ère du numérique et dans ce village planétaire, l’exigence de l’excellence et de l’innovation permanente commande que les pouvoirs publics accompagnent le monde de l’artisanat par des politiques ambitieuses.
Ralph Von Gersdorff, Planificateur de l’Education à l’UNESCO dans les années 1960, avertissait déjà les jeunes Etats africains en ces termes : « Toute thérapeutique aboutissant à renfermer l’artisanat sur lui-même n’obtiendra pas de résultats durables ».
Cette nouvelle approche que j’appelle de tous mes vœux doit impulser une nouvelle dynamique à l’ensemble de la chaine de valeurs du secteur depuis la fabrication des produits et services artisanaux jusqu’à leur labélisation. Je puis assurer les uns et les autres de la disponibilité et de l’engagement du Parlement burkinabé à leur fournir des outils législatifs nécessaires à l’émergence d’un artisanat qui nourrit véritablement l’artisan.
L’Afrique se fera avec l’artisanat ou ne se fera pas. Elle a donc le devoir d’être à l’écoute de ses artisans dont l’inestimable apport à la création des richesses de nos nations est inversement proportionnel aux égards et à l’appui qu’on leur porte.
Mesdames et Messieurs ;
Chers artisans ;
Je m’en voudrais de clore mon propos sans exprimer toute ma gratitude à Son Excellence Julie Payette, Gouverneure générale du Canada, dont la présence parmi nous rehausse particulièrement l’éclat de la présente cérémonie.
En acceptant d’être témoin de l’ouverture de cette 15e édition du SIAO, celle qui a fait à notre pays l’honneur et l’amitié de le visiter se pose résolument en avocate et en ambassadrice de la cause de l’artisanat africain.
Si elle a pu aller avec succès à la conquête de l’espace en tant qu’astronaute, nul doute qu’elle sera la meilleure alliée de l’artisanat africain pour la conquête du marché international.
Mesdames et Messieurs ;
Chers artisans ;
Pour terminer, je voudrais formuler ici, le vœu de voir se concrétiser très rapidement les projets d’implémentation des galeries virtuelles qui serviront de vitrines planétaires aux produits artisanaux africains. II ne fait aucun doute que la capacité d’exportation des artisans pourrait être ainsi considérablement augmentée.
C’est sur cette note d’appel et d’espoir que je souhaite à toutes et à tous, une bonne fête de l’artisanat africain et que cette 15ème édition du SIAO soit fructueuse aussi bien pour les exposants, les acheteurs professionnels et les visiteurs et offre à chacun d’excellentes opportunités d’affaires.
A la délégation de Madagascar, pays invité d’honneur, je dis « Tonga Soa ».
Vive le SIAO,
Vive l’artisanat africain,
Dieu bénisse le Burkina Faso !
Je vous remercie.

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